La république et l’antilibéralisme

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 :

Art. 1er. –

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Art. 2. –

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.

Art. 3. –

Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

Art. 4. –

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

Art. 5. –

La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas.

Voila le préambule à mon propos. Si vous n’êtes pas d’accord avec cela il serait parfaitement inutile de lire ce qui suit.

Le libéralisme, en tant que concept « tocquevillien » (j’aurais aussi pu citer Bastiat, Locke, Hayek etc….) repose essentiellement (mais pas seulement) sur 3 piliers : liberté, responsabilité individuelle et Etat de droit.

La déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 est donc profondément libérale.

Si on part du postulat que la République Française a été construite sur le premier principe, à savoir la liberté et que la liberté est un des trois piliers du libéralisme, j’en conclut assez naturellement que ce qui est antilibéral est donc aussi antirépublicain.

Idem pour la propriété. Toutes les lois qui enfreigne la propriété privée sont donc par nature antirépublicaines.

D’ailleurs, on remarque que, globalement, de très très nombreuses lois, règles ou normes de la Vème République contredisent, sinon dans la forme du moins sur le fond, la DDHC.

Et oui, la République Française est devenue antilibérale, elle est donc par définition antirépublicaine…

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2 commentaires pour La république et l’antilibéralisme

  1. Emmanuel dit :

    « Si on part du postulat que la République Française a été construite sur le premier principe, à savoir la liberté et que la liberté est un des trois piliers du libéralisme, j’en conclut assez naturellement que ce qui est antilibéral est donc aussi antirépublicain. »
    Si Rép repose sur L – et si Lib repose sur L. Alors non-L est aussi non-Rép, et non-L et aussi non-Lib. Il n’en ressort pas que non-Lib soit aussi non-Rép.

    Mais au fond, peu importe ce détail logique, car sur le fond, vous avez tout à fait raison. D’abord parce que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen est bien plus qu’une simple déclaration de liberté humaine individuelle, mais encore, elle porte d’emblée un modèle social et politique qui s’y accorde, et s’entende à respecter la liberté humaine individuelle ainsi comprise, ce que l’on pourrait effectivement appeler « Etat de droit ». Ensuite parce que dans l’ensemble, la République Française s’est toujours prévalue du libéralisme politique : disons qu’elle est une forme (qui n’en épuise pas l’idée, bien entendu) de « démocratie libérale ». Cette « démocratie libérale » est en crise aujourd’hui parce que le libéralisme politique est en crise. Nous divergerions sans doute sur le sens et les formes de cette crise, mais au moins pourrions-nous tomber d’accord sur le constat suivant : la « démocratie libérale » est en crise parce que nous nous montrons incapable d’en penser l’esprit, et nous ne faisons plus qu’abuser des mots qui l’expriment.

    • Skandal dit :

      Je suis totalement d’accord avec vous !!!

      Sauf que je pense que si le libéralisme politique est en crise, c’est une crise voulue par l’oligarchie au pouvoir afin de conserver ses pouvoirs et ses privilèges.

      Le « système » se satisfait totalement de cette crise politique et même de cette crise économique, cela permet à l’Etat (donc au systéme) de se rendre indispensable à de plus en plus de gens, qui vivent par, pour ou de l’Etat.

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