Reparlons de Uber

Tout d’abord je voudrais vous rappeler le conflit qui oppose Uber et les Taxis est en réalité un conflit entre la rente et la concurrence. Un conflit entre l’économie française du capitalisme de connivence et l’économie purement capitalistique des fonds de « capital risk » et de la « nouvelle économie ».

Dans cette « bataille », les taxis, et plus particulièrement la société G7 sont loin d’être les gentils. Cette société est en position de domination (60% des taxis à Paris) et elle est comme cul et chemise avec l’Etat et les escrocs qui prétendent nous gouverner. Elle a sciemment organisé la pénurie de taxis à Paris, les comptes sont au Luxembourg, elle recrute parmi les conseillers d’anciens ministres etc…

Bref, le capitalisme de connivence, celui des coquins et des copains dans toute sa splendeur.

De l’autre côté nous avons une société américaine de la nette économie dont l’idée ultrasimple repose sur un constat tout aussi simple : le service des taxis est mauvais, nous allons proposer de quoi rendre ce service plus simple, plus efficace, plus efficient et si possible moins cher.

Pour des raisons personnelles j’ai un fort mépris pour les taxis. L’arrivé des VTC fut donc pour moi une véritable aubaine mais je n’utilise pas Uber, j’utilise Chauffeur Privé.

Le principe d’Uber c’est de ne proposer qu’une plateforme de réservation, de ne pas avoir de chauffeur salarié.
En cela, Uber est assez proche d’une grosse part des activités de G7 (la plus grosse part) qui est de proposer à la fois sa plateforme de réservation par téléphone mais aussi de louer à prix d’or (4.500 euros mensuel) les licences qu’elle a à sa disposition et dont elle a organisé la pénurie.

Une des principales caractéristiques d’Uber et des plateformes de « l’économie du partage » c’est  d’esquiver de gros morceaux de réglementation et le plus souvent les taxes, charges et impôts qui vont avec.

Compte tenu de la pression fiscale française, j’ai du mal à leur en vouloir…

Il ne faut pas non plus oublier que cela permet de simplifier les échanges économiques, que cela permet à des milliers gens de travailler et à encore plus de gens d’arrondir les fins de mois.
Il n’y a pas que du bon chez Uber, c’est un fait, mais il n’y a pas que du mauvais non plus.

Comme le disais récemment Joseph Macé-Scaron sur RTL, contrairement à ce que les  ignares disent, Uber ce n’est pas le libéralisme.
Le libéralisme c’est un concept reposant sur le droit, hors Uber ne respecte pas le droit notamment quand ils modifient unilatéralement les prix et les taux de commissions.

Actuellement, les chauffeurs VTC râlent donc parce qu’ils ne gagnent pas assez. De l’autre côté Uber perd de l’argent tous les ans, 800 millions de dollars pour le premier semestre 2016 et probablement autour de 2 ou 3 milliards pour toute l’année 2016 (je me demande d’ailleurs comment Uber peut perdre autant d’argent…).

Qu’ils veulent gagner plus d’argent et qu’ils râlent parce qu’Uber les méprise et profite d’eux est parfaitement légitime.

Mais pourquoi ne changent-ils pas de plateforme ?
Pourquoi utilisent-ils les mêmes « armes » que les taxis ? Pour se faire autant détester qu’eux ?
S’ils veulent vraiment emmerder Uber qu’ils aillent sur une autre plateforme qui rémunère mieux.
Ou alors qu’ils créent la leur.

Parce que la plateforme qui gagnera ce sera celle qui aura le plus de chauffeurs et la meilleure qualité de service et pour avoir cela il suffit de correctement rémunérer les chauffeurs.

Mais qu’ils ne se trompent pas de combat. Ils existent pour rendre le service que les taxis ne rendaient pas. S’ils deviennent aussi mauvais que les taxis ils disparaîtront.

Anecdotes : 

J’habite dans la proche banlieue ouest de Paris, dans le Haut-De-Seine et avant les VTC, trop de taxis ont refusé de me prendre parce que je n’allais pas là ou ça les arrangeait.
Qu’ils aillent bien se faire foutre. Je n’utilise plus leur service.

Un chauffeur de VTC, ancien taxi pour G7, m’expliquait que jamais il ne redeviendrait taxi. En tant que VTC il ne gagne pas moins et il est nettement plus libre de ses horaires. Sa seule étant que tous ses revenus sont déclarés alors qu’en tant que taxi il ne déclarait jamais les paiements en cash.

Les VTC viennent souvent de banlieue et quand vous habitez la banlieue et que vous voulez vous rendre à Paris il est très facile d’en trouver entre 19h et 20h car il commence leur « journée ».
De même quand vous habitez à Paris et que vous passez la soirée en banlieue, il est très facile de trouver un VTC pour vous ramener.

Essayer de trouver un taxi en banlieue à 2h du matin…

S’ils commencent leur « journée » à cette heure c’est, selon eux, qu’il est devenu impossible de circuler à Paris en journée. En fait le marché commence à se séparer en deux : la journée pour les taxis et le soir et la nuit pour le VTC.

Un chauffeur de VTC m’expliquait qu’il partageait la voiture avec son frère. Lui est graphiste et le VTC lui permettait de gagner de l’argent durant les périodes creuses.

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4 commentaires pour Reparlons de Uber

  1. amike dit :

    « Comme le disais récemment Joseph Macé-Scaron sur RTL, contrairement à ce que les ignares disent, Uber ce n’est pas le libéralisme. »
    Cela m’étonnerait que JMS ait défendu un vrai libéralisme. Il n’a cité ni l’emprise de G7, ni les bienfaits de la concurrence. Tout au plus il a toléré les offres françaises avec salariés. Il n’est la que pour polémiquer dans une totale parfaite mauvaise foi qui frise la pathologie…

    Quant à qualifier Uber d’entreprise non libérale, je suis surpris : Une entreprise ne pourrait faire évoluer ses prix de vente ? Par « Unilatéralement », parlez vous du monopole d’Uber ?

    Sur Contrepoints, on sort régulièrement l’exemple libéral de la gestion de la pénurie, en laissant les stations services gérer elles-mêmes leurs prix à la pompe. Unilatéralement et non selon les ordres officiels, elles adapteraient leurs prix selon leurs intérêts à court, moyen ou long terme (resp. maximiser le gain, le temps de distribution, la satisfaction – le ressentiment du client).
    Si la concurrence est là, je ne vois pas en quoi Uber serait anti libéral.

    • Skandal dit :

      « Cela m’étonnerait que JMS ait défendu un vrai libéralisme.  »

      Je vous cite ce qu’il a dit dans l’émission « On refait le monde » du 16/12/2016 sur RTL.

      « Par « Unilatéralement », parlez vous du monopole d’Uber ? »

      Non Uber n’a pas de monopole, je parle du fait qu’elle ne prévient pas ses chauffeurs et que ses méthodes les rendent en quelque sortes captifs.

      Et puis en réalité ce ne sont pas ses prix de vente qu’elle fait évoluer mais le prix de vente des chauffeurs puisque ces derniers n’ont pas la main sur les prix.

      Il faut tout de même reconnaitre que les méthode d’Uber sont loin d’être « libéralistiquement morales ». Il suffit de discuter avec les chauffeurs pour s’apercevoir que les méthodes d’Uber sont tordus.

      « Si la concurrence est là, je ne vois pas en quoi Uber serait antilibéral. »

      Je n’ai pas dit qu’Uber était anti-libéral, je dis qu’Uber est loin d’être la meilleur représentation du libéralisme.

      Et je ne défends pas les grévistes et je précise d’ailleurs que je ne comprends pas pourquoi ils ne vont pas à la concurence.

  2. Boudoir dit :

    J’ai pris deux fois Uber le taxi pour aller/revenir de l’aeroport de San Francisco. C’est vraiment un super service. Dès la course commandé, tout de suite un conducteur nous prend en charge et on peut discuter avec lui du point de rendez-vous, du trajet, etc… A chaque fois je suis tombé sur un gros SUV confortable et relativement neuf (un peu la norme ici). Et le prix de la course est vraiment pas cher… En plus le chauffeur avait fait une erreur en me surfacturant la traversée d’un pont alors que c’est gratuit lorsque l’on quitte SF, et c’est Uber qui m’a remboursé l’extra quelques minutes après avoir porté réclamation.

    A l’inverse, les taxis ici sont pires qu’en France. Ce sont des voitures des années 1980 complètement cabossées, de vraies poubelles roulantes, et les chauffeurs sont au mieux rustres et pas aimables, au pire des gens dangereux qui font peur….

    • Skandal dit :

      J’ai eu exactement le même sentiment à New-York.

      En ville, en journée, il suffit presque de levé le bras pour prendre un taxi mais ils sont globalement peu aimables.

      Uber est moins cher sur des trajets moyens ou longs, mais sur des courts (quelque blocs) autant prendre un taxi ou le métro. Et surtout Uber est ultra pratique pour les familles avec enfants…

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