L’inutilité des manipulations monétaires

Selon un membre de la BoJ (Banque Of Japan, la banque centrale japonaise), la pression exercée par les banques et les compagnies d’assurance sur la Banque centrale commence à porter ses fruits. L’institution pourrait prendre en compte les revendications des institutions financières et marquer une pause au niveau de sa politique financière jugée trop accommodante. La faiblesse des taux pèse notamment sur les activités du secteur bancaire et de l’assurance.

Vivement que les banques et les assureurs européens fassent la même chose.

Vous allez me dire, les banques on s’en fout, sauf que ce sont elles qui fournissent les crédits et que, les taux étant bas, elles font encore plus attention à qui elles en octroient.

C’est pour cela que la distribution de crédit immobilier a finalement très peu augmenté en France car, même si les taux sont bas, les banques exigent toujours un apport que peu de Français ont.

Voilà plus de 20 ans que la BoJ mène une politique monétaire « accommodante » en maintenant des taux de refinancement bas ou même en achetant directement une partie de la dette Japonaise.

Notez d’ailleurs que la dette du pays du soleil levant est de plus de 200% du PIB japonais mais que le pays ne doit d’argent à aucune institution internationale, qu’il est monétairement souverains et qu’une très grande partie de cette dette appartient aux citoyens japonais.

Le Japon, ce n’est pas la Grèce.

Je reprends : Voilà plus de 20 ans que la BoJ mène une politique monétaire « accommodante » et voilà plus de 20 ans que la croissance japonaise reste faible, bien plus faible qu’avant.

La BCE, dans l’infinie bêtise de ses membres et malgré l’exemple japonais, a tout de même tenté une relance par manipulation monétaire des taux d’intérêt, des taux de change et donc des prix.

A court terme, la « décroissance » est en partie évitée (et encore…) mais à long terme nous aurons ce qu’a le Japon : une croissance faible pendant 1 ou 2 décennies.

La première erreur de la BCE c’est de ne s’intéresser qu’à l’inflation et de croire en plus que l’inflation c’est l’augmentation des prix alors que l’inflation c’est l’augmentation de la masse monétaire. Et même s’il y a très souvent corrélation entre les deux, l’un n’est pas équivalent à l’autre.

La deuxième erreur de la BCE c’est d’être totalement dépendante des Etats de l’UE. Ces derniers profitent donc des taux bas pour s’endetter à faible coût et ne faire aucune réforme

La troisième erreur de la BCE c’est d’être d’avoir Mario Draghi à sa tête et d’être donc soumis au lobby des grandes entreprises.
En effet, les manipulations monétaires arrangent, dans un premier temps, surtout les banques, pour un tas de raisons (faible taux de refinancement, relance des marchés actions, syndication, revente des dettes souveraines à la BCE etc…) et les grandes entreprises (emprunts à taux faible pour verses des dividendes ou pour racheter ses concurrents).

La quatrième erreur c’est que ces manipulations des prix (le coût de l’argent, le coût du risque et le coût du temps) nuisent aux investisseurs et aux entrepreneurs qui ne peuvent plus évaluer correctement les risques qu’ils prennent et les coût de leurs investissements. Le risque ce sont des baisses d’investissements et des mauvaises allocations d’actifs qui conduisent donc forcément à peu ou pas de croissance.

Quand je parle d’investissement, je parle aussi d’investissement humain, donc de créations d’emplois.

La cinquième erreur (une des plus importantes) c’est que la baisse des taux est entrain de ruiner tous les systèmes de retraite par répartition des pays européens et beaucoup de systèmes mutualistes d’assurance chômage ou d’assurance santé. En effet, ces systèmes placent l’argent dans les dettes souveraines et comme celles-ci ne rapportent plus rien et que, malgré une faible inflation, les taux réels (Taux d’intérêt – taux d’inflation) sont artificiellement bas, les systèmes de retraites (et autres) sont incapables de se financer comme avant.

Au final, l’argent imprimée par la BCE, se diffuse dans les poches des Etats, dans les comptes des grandes entreprises, dans la poche des actionnaires mais pas dans l’économie réelle ou dans la poche des employés.

Je résume :

Les manipulation monétaire des banques centrales sont inutiles pour lutter contre l’inflation ou la faible croissance car :
1) Cette argent ne redescend pas dans l’économie réelle et dans la poche des gens.
2) Les prix étant truqués, ils mènent à de mauvaises allocations d’actifs (ou à pas d’allocation du tout) donc pas de croissance.
3) Si pas ou peu de croissance, pas d’inflation.

Et tourne dans le cercle vicieux.

La solution c’est de revenir rapidement à une politiquement monétaire normal, ou le risque est rémunéré à sa juste valeur et ou les entrepreneurs peuvent correctement évaluer ce risque.

Ou alors il faut que la BCE verse directement l’argent sur les comptes des européens…

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Un commentaire pour L’inutilité des manipulations monétaires

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