L’escroquerie intellectuelle du Bonus/Malus automobile

La voiture ça pollue, c’est un fait, et réduire cette pollution me semble une idée, sinon bonne, au moins logique et cohérente.

Même si la pollution produite par les moteurs à combustion a largement été diminuée ces 40 dernières années, l’augmentation du nombre de voitures en circulation et des embouteillages n’a pas amélioré la situation.

L’essor du diesel, artificiellement rendu moins cher par l’Etat et ses subventions a même aggravé cette situation. 

Dans le concept, assez cohérent, du « Pollueur-Payeur », la logique aurait donc voulu que les subventions sur le diesel soient supprimées et que les voitures qui polluent le moins (c’est à dire les moteurs essences les plus performants donc ceux de marques rarement françaises) soient privilégiés car on sait depuis plusieurs années maintenant que le diesel pollue bien plus que l’essence, et que les voitures les plus polluantes soient plus taxées afin de financer une politique écologique (la voiture électrique par exemple) et dés-inciter à l’achat de voiture polluante.

Ce n’est évidemment pas du tout ce qu’a fait l’Etat qui s’est contenté d’appliqué un système de bonus/malus sur les dégagements de CO² mais pas du tout sur les autres polluants, bien plus dangereux.

Notez que ce dégagement de CO² est surtout dû à la consommation (quantité d’essence brûlée) et pas aux caractéristiques de la combustion interne du moteur ou des filtres de la ligne d’échappement. Donc les voitures qui consomment le plus sont mécaniquement les plus malussées même si elles sont aussi souvent celles qui rejettent le moins les autres polluant car leurs moteurs sont plus performants, mieux optimisés et souvent à l’essence et non au diesel.

Comme par hasard, ces voitures sont souvent celles des gammes premium et autres voitures de sport que les Français ne produisent pas et qui sont destiné à une clientèle « aisée ». Et le type qui veut s’acheter une Porsche se fout complètement du bonus/malus

Donc l’Etat taxe lourdement des voitures non-françaises, qui polluent moins que la grande masse des voitures fabriquées et achetées par les Français (de petites citadines diesel) et cela sans s’attaquer à la réelle pollution due au diesel.

La réalité c’est que cette histoire de bonus/malus n’a rien à voir avec le concept de pollueur/payeur mais est tout simplement une autre façon de prendre de l’argent aux citoyens.

L’asymétrie du bonus/malus est assez représentative du côté inefficace et purement cosmétique de la mesure.
D’un côté le bonus est trop faible pour inciter les gens à changer de voiture, sachant que les voitures les plus anciennes sont souvent les plus polluantes et appartiennent souvent aux gens les plus modestes, de l’autres côté, le malus pénalise soit des voitures destinés « aux riches » qui se foutent de ce malus soit des voitures qui en réalité polluent moins que les voitures moins malussées.

Au final cette mesure rapporte très peu d’argent (voir en coûte certaines années), argent qui ne va pas du tout à la recherche ou à des politiques de transition vers la voiture électrique et en plus les voitures les plus polluantes sont finalement moins pénalisés que les autres.

Une belle mesure bien inutile, bien efficace, mise en place par des incompétents et perpétués par des menteurs comme c’est de tradition en France.

Ce que je propose c’est un système de bonus/malus symétrique, fortement incitatif, basé sur la pollution réelle et pas seulement sur le CO² combiné avec une véritable politique de développement de la voiture électrique.

Ou alors qu’on dise franchement qu’on veut privilégier les voitures françaises !

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5 commentaires pour L’escroquerie intellectuelle du Bonus/Malus automobile

  1. Blablator dit :

    Cher ami, si vous taxez le diesel, vous allez avoir les taxis, les camionneurs, les VRP et tout un tas de gros rouleurs dans la rue. Et une majorité de français a une voiture diesel donc là encore, c’est casse gueule pour un politicien de s’en prendre à la majorité.
    Un politicien s’en prend toujours aux minorités et aux faibles sinon, vous ne faites pas ce métier.

    • Skandal dit :

      Oui, je sais et alors ?

      Dans ce cas la qu’on ne me raconte pas que le bonus/malus est une mesure écologique.

      On a incité les français à acheter des voitures diesel, plus polluantes, plus chers à l’entretien et alors même que les raffineries françaises produisaient surtout de l’essence.

      Maintenant les politiciens peuvent ou continuer dans leur connerie (ce qu’ils vont faire) ou bien faire de vrais réformes efficaces et utiles concernant la pollution.

      Depuis le scandale VW, Les ventes de voitures diesel sont passées de presque 70% à un peu plus de 50%, preuve que les français sont prêt à changer et les petites voitures essences ne consomment pas plus que les diesels.

      Avec la bonne incitation, le parc automobile peut être significativement transformer en quelques années.

      Les camions resteront au diesel, ils disposent déjà d’une fiscalité particulière, comme les bateaux.

      Si effectivement on ne veut froisser personne alors on fait comme les 20 dernières années, c’est à dire, rien…

  2. Très pertinent. Notez cependant que le CO2 n’est pas un polluant, c’est tout simplement un produit de combustion dont nous-mêmes humains sommes émetteurs par notre respiration. Le CO2 est aussi ce dont les plantes se nourrissent. C’est un gaz présent à l’état naturel.
    Il ne s’agit aucunement d’un agent chimique qui aurait besoin d’un procédé complexe artificiel pour être émis, et il n’est pas destiné à rester dans l’environnement pour de longues périodes. Faire la guerre au CO2 est une fumisterie, surtout quand on sait que les carburants d’origine fossile en général, et le diesel en particulier, produisent des particules autrement plus corrosives. Personne n’a jamais eu de cancer en étant exposé au CO2, et il faut en respirer des quantités colossales avant de mourir asphyxié.
    Vouloir limiter le CO2, c’est comme vouloir limiter l’oxygène, sous prétexte que l’un serait « mauvais » et l’autre « bon » : il s’agit uniquement d’un cycle naturel de transformation.

    • Skandal dit :

      Je sais bien !

      Le CO² est tout de même un des principaux gaz à effet de serre et je doute que les rejets massifs de ces 100 dernières années soit totalement neutres pour la Nature et l’Ecologie (la science qui se donne pour objet les relations des êtres vivants (animaux, végétaux, micro-organismes, etc.) avec leur habitat et l’environnement, ainsi qu’avec les autres êtres vivants, pas la politique).

      Votre nécessaire précision renforce d’autant le fait que cette histoire de bonus/malus est une escroquerie intellectuelle, un mensonge d’Etat et qu’elle n’a absolument aucun impact sur la pollution.

  3. Ping : L’escroquerie intellectuelle du Bonus/Malus automobile (Part 2) | No One Is Innocent…

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