Un « projet » économique de droite

Dans le Figaro ce matin, vous avons quelques détails concernant les proposions économique de Sarkozy. Comme attendu, elles n’ont pas grand-chose de libéral et pues l’étatisme à plein nez.

Je vais tenter de les « analyser ».

Mes commentaires sont en bleu.

CONCERNANT LE TRAVAIL

  • Il prône le rétablissement des heures supplémentaires défiscalisées. «Oui, nous rétablirons la liberté de donner des heures supplémentaires et nous confirmerons leur défiscalisation, car il s’agit d’un cercle vertueux que celui qui permet de gagner plus lorsqu’on travaille davantage», explique Nicolas Sarkozy.

    La défiscalisations des heures supplémentaires, n’a rien prouvé du tout. Économiquement son impact fut totalement négligeable, les effets sur le chômage furent nuls, rien sur la croissance, minuscule sur le pouvoir d’achat mais l’impact sur les comptes publics fut significatif.

    En gros, Sarkozy à dépenser pour rien.

    Cette proposition n’a aucun lien avec un quelconque libéralisme. C’est une réforme fiscale et rien d’autre.

  • Il souhaite également, pour chaque entreprise, la liberté de négocier le temps de travail, à la condition de rémunérer le temps de travail supplémentaire. «Il s’agira d’un choix libre et responsable. Il n’y aura plus une durée unique du travail hebdomadaire. […] Il n’existera que deux conditions», explique l’ancien chef de l’État. La première: obtenir l’accord des salariés de l’entreprise, via référendum en l’absence d’accord avec les représentants syndicaux. La seconde: concernant la rémunération, «cela sera donc 35 heures payées 35, 36 payées 36, 37 payées 37… Je sais que, dans ma famille politique, certains ne partagent pas cette idée, et souhaitent que les salariés restent payés pour 35 heures, même s’ils passent à plus de 35 heures par semaine. J’y suis totalement opposé: je suis toujours un fervent partisan du travailler plus pour gagner plus, pas pour gagner moins.»

    Tiens, une proposition libérale… Il suffit de copier le droit du travail Suisse.

  • Les entreprises bénéficieront en outre d’un nouveau barème de charges incitatif: «Martine Aubry avait mis en place un système perverti: moins on travaillait, plus il y avait d’allégement de charges. Je souhaite la procédure inverse, plus on travaillera, plus il y aura d’allégements de charges», défend Nicolas Sarkozy.

    On est là dans l’étatisme chimiquement pur de tentative d’incitation par des usines à gaz fiscales et/ou réglementaires. C’est l’opposé d’une proposition libérale. 

  • Il invite aussi à une refondation du dialogue social dans l’entreprise, avec la suppression du monopole syndical de présentation des candidats au 1er tour d’une élection. Le délégué syndical, pour être nommé, devra avoir été élu préalablement lors d’une élection professionnelle.

    Pourquoi ne pas tout simplement supprimer le financement public des syndicats ? Et des partis politique ? Et de la presse ? 

Il propose de supprimer «purement et simplement» le seuil de 11 salariés pour les délégués du personnel . Et invite à une fusion de l’ensemble des instances de représentation du personnel au-delà de 50 salariés. Le compte pénibilité serait aussi supprimé.

Oui, très bien. Maintenant je doute fortement qu’il le fasse. Il ne l’a pas fait avant, alors pourquoi maintenant ? 

  • Il incite par ailleurs à étendre la loi sur le service minimum à d’autres secteurs d’activité: transports aériens, énergie (centrales nucléaires).

    Aucun intérêt… Il suffit de laisser mourir Air France quand la compagnie devra faire appel aux contribuables pour éponger ses dettes sociales (retraites entre autres) et ses dettes.

SUR LA FISCALITÉ

  • Nicolas Sarkozy, qui accorde une place cruciale, dans son programme économique, à la fiscalité, prévoit la suppression de l’ISF, malgré un coût de 4,5 milliards d’euros. Mais, il faut choisir, assure-t-il, entre l’Europe et l’ISF: «L’Europe ou l’ISF? On peut, en effet, vouloir un impôt spécifique pour les plus riches, mais, dans ce cas, il faut sorti de l’Europe».

    Oui, très bien. Maintenant je doute fortement qu’il le fasse. Il ne l’a pas fait avant, alors pourquoi maintenant ? 
    Supprimer l’ISF n’est pas une mesure libérale, c’est une mesure de justice. L’ISF c’est du vol pur et simple.

  • Une baisse «immédiate, dès juillet 2017, de 10 % de l’impôt sur le revenu» est également au menu. «Je veux dire à tous ceux qui, dans ma famille politique, ne croient pas possible cette baisse d’impôt, qu’il y aurait une grande incohérence pour nous à dénoncer les augmentations d’impôts socialistes alors que nous sommes dans l’opposition et à les conserver une fois revenus au pouvoir», insiste Nicolas Sarkozy.

    Moins de la moitié des foyers français payent l’IR. Il faudrait commencer par changer cela.
    Ensuite le problème ce n’est pas l’IR mais les charges et cotisations sociales sur le travail. Baisser de 10% l’IR n’aura aucune conséquence significative sur le pouvoir d’achat ou le chômage. Si on parlait de 25% ce serait autre chose mais 10% c’est de la gnognotte. 

  • Non-taxation des successions des classes moyennes.

«Il est normal de pouvoir transmettre en franchise [d’impôts] son patrimoine à ses enfants», estime-t-il. «Si je suis élu, je souhaite que nous reprenions le système allemand, avec cette règle simple: pas de taxation des successions en ligne directe jusqu’à 400 000 €» par part.

Pourquoi 400.000 euros ? Comment Sarkozy définit il la classe moyenne ? Et au-delà de 400k, de combien ce sera taxé ? 

  • Les transmissions d’entreprise doivent être favorisées

«La transmission d’entreprise fera l’objet d’une exonération de 85%, voire d’une exonération totale, si l’activité est maintenue pendant cinq ans au minimum, avec le maintien de la majorité des emplois correspondant.»

Encore une usine à gaz… Pourquoi ne pas tout simplement simplifier toutes les successions ? Cash, bien mobilier, bien immobilier, part d’entreprises, tous taxer selon la méthode qui marche : assiette large et taux faible. 

  • Exonération des charges au niveau du SMIC et doublement du CICE

«Je souhaite une exonération totale des charges au niveau du SMIC, qui diminuerait pour s’annuler progressivement à 1,6 SMIC. Cette mesure sera couplée à la transformation du fameux CICE, tellement complexe que la plupart des petits chefs d’entreprise le qualifient d’usine à gaz, en une véritable baisse de charges, permanente, gravée dans le marbre, intégralement ciblée sur les bas salaires.» «Voilà pourquoi je souhaite doubler le montant des sommes aujourd’hui dédiées au CICE. Il s’agira donc de pas moins de 34 milliards d’euros.»

«La suppression de toutes les charges patronales sur les salaires versés à un emploi à domicile au niveau du SMIC permettra de lutter contre le travail au noir» et «cet effort pour les familles sera de l’ordre de 1 milliard d’euros et représentera une baisse de 20% du coût payé par la famille», précise Nicolas Sarkozy.

Encore une usine à gaz fiscale. Cibler les baisses de charges sur les bas salaires n’a montré aucune efficacité en termes de baisse du chômage ou de hausse de la croissance économique et du pouvoir d’achat. 

C’est même le contraire qui se passe puisque cela incite les entreprises à embaucher au niveau du SMIC. Cela tire tous les salaires vers le bas.

C’est le contraire qu’il faut faire : baisser les charges sur les « hauts » salaires pour inciter les entreprises à mieux payer leurs employés.

Le CICE est une autre usine à gaz totalement inefficace. 

Toutes ces mesures n’ont rien de libérales mais sont parfaitement étatiques. Une vraie mesure libérale ce serait une suppression de l’impôt sur les sociétés couplé avec une suppression de toutes les subventions publiques ou assimilées. 

DANS LA FONCTION PUBLIQUE

  • Le temps de travail sera augmenté. Toutes les fonctions publiques feront au moins 35 heures par semaine. Pour l’État, le temps de travail passera à 37h, payées 37.

Nicolas Sarkozy n’oublie pas la nécessaire réduction des effectifs : il annonce une reprise de l’effort de réduction de l’emploi public, d’au moins 300 000 emplois en 5 ans, forces de sécurité exonérées

  Alors là j’attends de voir…. Supprimer 300k emplois en 5 ans ce n’est rien. Et je doute que les collectivités locales se soumettent à cela.

Ce sont des pans entiers de la fonction publique qu’il faut supprimer. Suppression du ministère de la culture, passage au chèque éducation pour l’EducNat etc…

Et quid des régimes spéciaux ? Quid du statut de fonctionnaire ?

Rien de libéral là-dedans… 

POUR CE QUI EST DE LA RETRAITE

  • Passage de l’âge de la retraite à 63 ans en 2020 puis 64 ans en 2025. 64 donc, et pas 65. Parce que «65 ans soulèvera tellement d’opposition que le Président qui voudra le mettre en place négociera en contrepartie un calendrier de mise en œuvre lointain, sans compter toutes les contreparties multiples qui seront concédées pour faire accepter aux Français l’âge de 70 ans pour ceux qui n’auront pas tous leurs trimestres», lit-on dans «Tout pour la France».

    Et on garde toujours le même système de retraite, une pyramide de Ponzi dans laquelle le privé paye pour le publique.
    Ce système qui est déjà en large déficit et qui sera ne faillite sir les taux de rendement obligataire ne remontent pas rapidement. 

TRAVAIL LE DIMANCHE: PASSER OUTRE L’OPPOSITION SYNDICALE

  • «Je suis partisan de la liberté de travailler le dimanche, à condition que les salariés soient mieux payés que durant les jours de semaine, et que cela soit sur la base du volontariat». «Le cadre que je mettrai en place consistera à donner la possibilité au chef d’entreprise de consulter directement ses salariés par référendum pour passer outre l’opposition syndicale», prévient Nicolas Sarkozy.

    Tiens, une mesure libérale… 

DROIT DU TRAVAIL

  • Il ne s’agit pas, assure le candidat à la présidentielle, de «donner un permis de licencier à n’importe quel moment et à n’importe quelle situation», mais la condition de réorganisation de l’entreprise doit permettre le licenciement économique. Les indemnités de licenciement économiques seront plafonnées et barémisées, en encadrant les délais de recours et de contentieux.

    Rien de libéral là-dedans non plus. L’employeur et l’employé signe un contrat. Si ce contrat est rompu unilatéralement par l’employeur c’est normal qu’il paye. Il n’y a aucune raison que l’Etat se mêle du niveau d’indemnité. Ce niveau devrait être négocié entre l’employé et l’employeur.

SUR LA SOLIDARITÉ

  • L’État, prévient Nicolas Sarkozy, reprendra le pilotage de l’UNEDIC, lourdement déficitaire, pour rétablir ses finances. «Ce paritarisme […] l’une des causes de l’immobilisme français.»

    Ha !! L’Etat va intervenir ! C’est vrai que son « track record » lui permet d’affirmer qu’il fera mieux… Comme si l’Etat savait rétablir les finances de quoi que ce soit. 

  • La dégressivité des indemnités chômage sera de – 20% au bout de 12 mois, puis – 20% au bout de 18 mois.

    Pourquoi ? Nous avons cotisé et nous cotisons, de quel droit l’Etat change les termes du contrat ? C’est ce genre d’interventionnisme qui justifie la libéralisation totale de l’assurance chômage. Nous devrions avoir le choix de notre assureur.

  • L’obligation d’accepter une offre raisonnable d’emploi, sous peine de suspension, sera davantage contrôlée.

    Idem, je cotise, j’ai droit à mon assurance. De quel droit l’Etat change les termes du contrat ?

  • Sera créée une aide sociale unique fusionnant le RSA, l’aide au logement et la prime d’activité, plafonnée à 75% du SMIC.

    C’est mou ça… Pourquoi ne pas carrément aller jusqu’au revenu universel ? Ça serait vraiment libéral

DÉPENSES PUBLIQUES

  • Il est impératif, selon Nicolas Sarkozy, de «réduire nos dépenses publiques de 100 milliards d’euros sur le prochain quinquennat, pour pouvoir financer dans le même temps la baisse des prélèvements obligatoires et la réduction de notre endettement public.»

    Dixit celui qui a fait 600 milliards de dettes… De plus ce n’est pas 100 milliards de réductions de dépenses sur 5 ans qu’il faut faire mais au moins 50 milliards par an. C’est parfaitement faisable.

FISCALITÉ DE L’ÉPARGNE

  • «Les dividendes, les intérêts et les plus-values mobilières seront soumis, sur option, à un prélèvement forfaitaire libératoire au taux unique de 26% tout compris. Ce prélèvement couvrira donc non seulement l’impôt sur le revenu, mais aussi les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, etc.). Les revenus fonciers seront quant à eux soumis à un prélèvement forfaitaire libératoire sur option de 33,3%, là aussi prélèvements sociaux inclus.» (p113)

    Pourquoi faire une différence entre les revenus ?

  • Les plus-values immobilières redeviendront exonérées à partir de 15 ans (contre 22 ans partiellement et 30 ans totalement).

    Pourquoi exonérer ? Une mesure libérale serait d’appliquer une « flat taxe », par exemple 15% sur tous les revenus or revenus du travail. 

UBÉRISATION

  • À propos des taxis: «ceux qui ont, dans un passé récent, acheté une licence […] devront être progressivement indemnisés».

    Indemnisés par qui ? Par le contribuable ? De quel droit ? Le problème des taxis (à Paris) c’est que le marché est tenu par un groupe (G7) dont les dirigeants sont copains comme cochon avec les politiques.
    Le « problème » des taxis c’est le résultat du capitalisme de connivence.
    S’ils disparaissent parce qu’il existe un service concurrent meilleur, ce n’est pas de la responsabilité des contribuables.
    De mon point de vue, ils peuvent disparaître, je m’en contrefous. 

 

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2 commentaires pour Un « projet » économique de droite

  1. kobus van cleef dit :

    ha
    un vrai bonimenteur
    et dans bonimenteur , il n’y a pas que boni , rassurez vous
    tout comme dans contribuable, il n’y a pas que tribuable ( quoique , il y a AUSSI tribuable , qui paye un tribu , une rançon )

  2. kobus van cleef dit :

    tribut , excusez , pas tribu ( ça c’est aut’ chose )

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