La gauche au pouvoir, une arme de dépression massive

Chronique de Charles Consigny (source)

La semaine dernière, sur France 2, c’était la grand-messe de Jean-Luc Mélenchon, un braillard grisâtre qui plaît aux Germanopratins parce qu’il plaît à Sylvain Bourmeau et que monsieur Bourmeau rassure : si un type pareil peut être à la direction d’un journal*, tout est possible pour les plumitifs du café de Flore.

Jacques Attali, que je croyais pourtant décrédibilisé à vie en raison de ses nombreux naufrages dans le plagiat, les prédictions jamais réalisées, les livres écrits par d’autres sous son nom, etc., est venu lui servir la soupe, expliquant tranquillement qu’il était tout à fait d’accord avec l’icône de l’extrême gauche, si tant est qu’on appliquât son programme à l’échelle européenne. Personne, à part les classes populaires qui ne votent pas pour lui (contrairement à ce qu’il prétend), ne semble prendre en compte le fait que le projet de Jean-Luc Mélenchon est fondamentalement liberticide, que sa mise en oeuvre impliquerait d’enterrer la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et de rompre avec la plupart des conventions internationales qui protègent tant bien que mal les libertés publiques.

Sociologie mensongère

Il est de bon ton, dans les milieux qui tiennent le crachoir, de trouver des qualités à la gauche la plus bête du monde. J’ai été frappé de voir, dans la presse, à quel point les tenants de la « gauche du PS » (quel cauchemar) sont à la fois déprimants, ternes et incultes. Imaginer une seconde que des gens comme Marie-Noëlle Lieneman ou Emmanuel Maurel, ou encore Jérôme Guedj, le pire de tous, ont une quelconque influence sur la conduite du pouvoir, dans un pays qui est quand même encore censé être celui d’une forme de sophistication, permet de comprendre pourquoi nous n’avons pas de croissance.

Le président de la République, héritier des rois, doit aujourd’hui composer avec des gens absolument sinistres qui s’expriment avec des formules creuses et des mots-clés (social, égalité, redressement, justice…), qui ne pensent qu’à saigner encore un peu plus le peuple au nom de leur idéologie mortifère, qui ne savent rien de son histoire ni de ce qui fait son charme depuis cinq ou six siècles – pour preuve, les oripeaux dont ils osent se vêtir pour arpenter les palais de la République (cf. les lunettes de monsieur Maurel).

Ce pays est écrasé par la gauche parce que c’est la gauche qui déploie le plus d’énergie. Elle y met toute sa haine, toute sa bêtise et toute sa sociologie mensongère, conduisant la France vers la désolation que le socialisme produit de façon automatique quand il est vraiment mis en oeuvre. Au débat récent qui a agité trois personnes rue de Solférino, celui portant sur la relation avec les boches, opposons qu’il faut bénir le ciel que madame Merkel et Bruxelles aient tant de pouvoir. L’exécutif actuel est surveillé par ses partenaires, et c’est tant mieux. C’est grâce à l’Allemagne que nous ne ressemblons pas encore complètement à la RDA.

Le déclassement sera lent

Hollande, ses chauves (Moscovici, Sapin, Fabius), sa petite copine givrée, la gauche en général, c’est une idée de la France bien différente de celle qu’ont ceux qui rêvent, et qui se font des illusions sans doute, ceux qui voudraient encore que notre armée soit forte, que nos ambassades en imposent, que notre voix porte, etc. C’est une politique qui s’intéresse aux accords nationaux interprofessionnels, aux droits des femmes, à toutes ces choses très bien et sûrement très utiles qui devraient rester cantonnées aux secrétaires des secrétaires d’État. Il n’y a, dans le discours politique actuel comme dans le débat intellectuel, plus aucune place pour le libéralisme, sous l’empire duquel le monde entier, pourtant, vit. Nous ne parlons pas de ce qui nous arrive. Hollande et la gauche n’ont à voir ni avec la fièvre patriote, ni avec celle de la jeunesse, ni avec le progrès ou la réussite. Ce sont des gens et des idées qui ne peuvent soulever d’enthousiasme que chez des fanatiques du vide, c’est-à-dire chez les militants du PS.

Notre président n’est pas incompétent, ses ministres non plus. Mais on eût mis des huîtres énarques au pouvoir qu’on n’aurait pas fait moins bien. Il ne se passera rien d’extraordinaire pendant les quatre années qui viennent. Ceux qui affirment qu’un soulèvement populaire est en marche se trompent : le pays va continuer son déclassement, et ce sera lent, car une partie de la population travaille encore et, mécaniquement, sauve l’autre partie et la totalité du naufrage.

* Sylvain Bourmeau est directeur adjoint de Libération

Notez que la droite n’a pas fait beaucoup mieux…

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