Pour ceux qui voudraient en connaitre un peu plus sur le libéralisme (part 2)

Un article de l’excellente Charles gave, le seul « économiste » méritant d’être lu et écouté. (source)

Confucius disait que, quand les mots changent de sens, les royaumes deviennent ingouvernables. Fort bien, voila une idée qui me semble tout à fait juste. Après tout, si le même ordre peut être compris de deux façons différentes, voila qui ne va pas simplifier la vie de ceux qui commandent. Or nous avons un cas en France tout à fait remarquable d’un mot qui a changé de sens.

En dépit de mon grand-âge, je suis un petit nouveau dans les débats d’idées qui font rage en France depuis toujours et occupent beaucoup ceux que Raymond Barre appelait « la classe jacassière ». Heureusement, cette classe semble avoir identifié le mal  qui est à l’origine de tous les maux dont souffre notre pays et ce pelé, ce galeux c’est le Libéralisme affublé d’un qualificatif  » néo »

Le Libéralisme, je crois savoir ce que c’est. Neo veut dire  » nouveau”.Mais nouveau par rapport à quoi ? Telle est la question que ce néologisme (nouveau mot en Grec) nous pose.

Et ici, je voudrais faire une première remarque.Quand à un concept précis on associe un adjectif qualificatif c’est en général pour en changer le sens, voir pour l’inverser.Je me souviens par exemple, avec émotion,  du » libéralisme avancé » du regrettable Président Giscard.L’homme maniait d’une main de fer contrôle des prix, contrôle des changes , contrôle du crédit, dont chacun sait que ce sont là des concepts défendus depuis toujours par le Libéralisme retardé.

Parallèlement, il menait une politique industrielle  de grande qualité ou ses talents d’inspecteur des Finances et d’ingénieur du corps des Mines pouvaient être exploitées à leur juste valeur, talents dont chacun peut mesurer les succès aujourd’hui, et tout cela en expliquant que la France était devenue trop petite et qu’il fallait de toute urgence la faire disparaître dans une Europe Fédérale et technocratique, suivant en cela les conseils avisées de Jean Monet.

Aucun Président de la cinquième République n’a enregistré une hausse plus forte du poids de l’État dans l’économie que pendant son septennat. Il fallut attendre monsieur Barre pour qu’un peu de raison revienne dans la gestion des affaires publiques. Mais libéral il le fut dans d’autres domaines.

Les deux grandes reformes « libérales » à mettre à son actif furent en effet le regroupement familial et bien sur la légalisation de l’avortement dont on peut penser qu’elles n’étaient pas les priorités de son électorat et qu’elles auraient peut être mérité d’être traitées par référendum.

Le  Libéralisme en France ne s’est jamais vraiment remis de la présidence Giscard.

Un autre exemple  de dévoiement du sens des mots par adjonction d’un adjectif qualificatif serait bien entendu le  » centralisme démocratique », chère à Georges Marchais, qui n’avait rien à voir avec la Démocratie et tout à voir avec une tyrannie.Mentionnons aussi les démocraties populaires qui réussissaient le double exploit de n’être ni des Démocraties ni d’être populaires.

Et terminons par la doctrine de la  » Souveraineté limitée » inventée par ce phare de la pensée que fut Leonid  Brejnev. Le principe en était simple. Les Nations du pacte de Varsovie disposaient du droit illimité de suivre les ordres de Moscou mais à part ça elles étaient parfaitement souveraines.

J’imagine donc que ceux qui parlent de  » Neo Libéralisme » essaient de nous dire qu’il est arrivé quelque chose de similaire à l’idée libérale dans les trente ou quarante dernières années, et ne doutant pas une seconde de leur bonne foi, je pense qu’ils ont raison: le Néo-Libéralisme  est dans le fond le contraire du Libéralisme.

Commençons par les principes fondateurs.

Le libéralisme est une doctrine JURIDIQUE posant comme vérité centrale que le Droit est au coeur d’une société démocratique (cf. Montesquieu, Tocqueville, Hayek, Milton Friedman etc..) et que le Droit est le même pour tous.De la stabilité du Droit naissent les conditions qui permettent à chacun de se réaliser pleinement au niveau individuel et cette possibilité ouvre la voie à la croissance économique qui n’est donc que le résultat de la combinaison entre la stabilité juridique et les initiatives individuelles.

Pour qu’il y ait stabilité juridique, il faut qu’un certain nombre de conditions soient réunies, et ces conditions je les ai souvent évoquées: Existence d’un État à qui a été consenti le monopole de la violence légitime, séparation des Pouvoirs, existence d’une volonté de vivre ensemble (sens de l’identité, patriotisme), existence d’une monnaie, bien commun s’il en fut, et donc gérée en dehors de l’État et des intérêts particuliers…

Le néo libéralisme prend à rebours chacun de ces principes.

Tout d’ abord, nous n’avons plus de  stabilité du Droit puisqu’il prend sa source principale dans les directives de la commission européenne, un organisme qui à la fois prépare le Droit et l’exécute. Je veux dire par la qu’il n’y a pas de séparation des pouvoirs en Europe puisque le législatif et l’Exécutif sont les mêmes.

En ce qui concerne la volonté de vivre ensemble, nous en sommes au degré zéro puisque les traités interdisent tout transfert entre nations et que les peuples eux mêmes ne veulent pas en entendre parler. Des transferts se conçoivent à l’intérieur d’une Nation. Mais l’Europe est une Civilisation et non pas une Nation. Il y a une volonté de vivre ensemble dans une Nation, mais pas à l’intérieur d’une civilisation.

Quant à la monnaie, elle a été capturée par les structures de pouvoir qui veulent un État Européen et cela nous a amené en plein délire économique et juridique avec des taux négatifs et une banque centrale dont le seul but semblé être de maintenir au pouvoir des élites technocratiques non élues et donc d’empêcher toute croissance en Europe en y maintenant envers et contre tout des faux prix.

Mais c’est sur le plan des valeurs fondamentales que nous trouvons le plus grand écart, entre Libéralisme et néo libéralisme.

Pour un Libéral ancienne manière, le sommet de l’édifice politique (et donc moral) est représenté par le Droit et non pas par le contrôle du système politique.

Pour les partisans du « néolibéralisme  » le sommet de l’édifice est constitué par un rêve, celui de reconstituer l’Empire Romain. Pour y arriver, il faut contrôler le Droit, devenu un moyen de coercition. Et pour cela, contrôler le système politique et faire sauter tous les contre pouvoirs. Et ce rêve est  bien entendu en train de tourner au cauchemar. Ils  ont appelé ce rêve un »projet politique » et ils sont prêts à tout pour briser ceux qui ne seraient pas d’accord avec eux, et en premier le pacte national qui fait l’essence de chaque Nation.

Que le lecteur me permette de citer deux parmi les plus éminents de ces putschistes. Le ministre des Finances Allemand a dit tranquillement au moment des élections Grecques :  » les élections ne changeront rien ».Et monsieur Juncker a surenchéri,  il n’existe pas de sortie démocratique aux institutions Européennes. »Encore une fois on pense à Dante et à l’inscription sur la porte de l’enfer  » Vous qui entrez ici, perdez tout espoir. »

Périsse le Droit, périssent les peuples plutôt que d’admettre que notre rêve s’est mué en cauchemar. Et donc,  le Neo libéralisme a comme conséquence logique la doctrine de la souveraineté limitée de ce cher Brejnev, remise au goût du jour. Il faut briser les Nations et pour cela leur enlever leur souveraineté.

Une fois entré dans l’enfer de l’Euro, voter devient inutile, et la Souveraineté de chaque Nation ainsi que l’état de Droit deviennent des choses du passé.C’est ce dont sont en train de se rendre compte les pauvres Portugais.

Le Président  de la République locale, un représentant éminent de la « Caste »refuse d’appeler aux affaires une majorité de gauche parce qu’une partie d’entre elle est opposée à l’Euro. Il s’agit  sans doute encore une fois d’un coup d’État, le quatrième depuis Berlusconi.

On ne peut s’empêcher de sourire en pensant à Salazar qui avait ruiné son pays en maintenant la monnaie Portugaise accrochée à l’or. On voit mal la différence entre Salazar et le Président actuel, si ce n’est que Salazar en bon dictateur qu’il était ne se donnait pas la peine d’organiser des élections. Les choses au moins étaient claires.Heureusement le talon d’Achille de cette classe imbue d’elle même et incompétente a été, reste et restera l’existence de la Nation.

Jean-Paul II disait que la Liberté individuelle ne pouvait s’exercer pleinement que dans le cadre de la Nation. Et il savait de quoi il parlait, puisqu’il était Polonais.

Et donc Il suffira que l’une des Nations mises en esclavage par les partisans de cette nouvelle Union Soviétique se rebelle et recouvre sa souveraineté, par des élections bien sur, pour que tout l’édifice mafieux qu’est devenu l’Europe s’écroule comme un château de cartes .Et dès que les Nations auront retrouvé leur souveraineté et donc leur liberté, le cauchemar s’évanouira. Et l’Europe pourra repartir de l’avant…Et comme nous l’avons vu avec l’effondrement de l’URSS, les monstres s’écroulent beaucoup plus rapidement que les observateurs  » intelligents » ne le prévoient en général.

Nous sommes, à mon avis, beaucoup plus près de cet effondrement que tout le monde ne le pense aujourd’hui.

Et ça, c’est la bonne nouvelle.

Publicités
Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s