Ubu est ministre de l’enseignement superieur

En dépit de sa mention «assez bien» obtenue au bac dans un lycée de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) dont il est originaire, Alexandre, 18 ans n’a pu obtenir son inscription dans aucune des universités parisiennes qu’il avait demandées, pas plus qu’à Nanterre. La filière économie-gestion dans laquelle il voulait s’inscrire était saturée. «Il y a eu des tirages au sort, visiblement je n’étais pas dedans» raconte-t-il. En désespoir de cause, il vient de s’inscrire en première année à Marseille, où il s’apprête à déménager en catastrophe. (source)

L’université française se délite de plus en plus.

Malgré son faible niveau général (les rapports et classements sont formels) elle avait pour elle d’accepter tout le monde. D’ailleurs, il est étonnant que personne n’ait vu dans ce principe (accepter tout le monde et n’importe qui après BAC) la raison de ce faible niveau… La corrélation découle pourtant du bon sens.

Voilà que maintenant, l’université ne peut même plus accueillir tout le monde.

Les raisons de ce manque de place. 

Elles sont simples :

-Le manque d’argent
-L’afflux de bacheliers

Si l’université manque d’argent c’est surtout parce qu’elle est « gratuite » et, comme toutes les administrations françaises, grosse consommatrice de personnels (administration, profs, gestion des bibliothèques, des salles etc…) peu compétents, peu motivés et chers (fonction publique oblige).

J’ai fait une partie de mes études à l’Université (Paris X), j’y ai passé 3 ans et j’ai eu tout le temps de voir comment les choses se passaient. C’est pour cela que je permets d’en parler.
Je venais d’une école d’ingénieur et beaucoup de chose m’avaient frappées à mon arrivé à l’université de Nanterre, je vous les livre en vrac.

L’organisation ubuesque des cours (horaires, salles, amphis). La quasi-impossibilité de pouvoir discuter avec un membre du personnel pédagogique. La bibliothèque gérée par des fonctionnaires (et non pas des étudiants) avec des horaires incompatibles avec le travail (fermer le dimanche, ouvert quelques heures le samedi et fermeture tôt le soir, vers 18h30 ou 19h). Elles ont depuis peu été élargies (8h30 – 20h en semaine, 10h-18h le samedi). La quasi-impossibilité d’avoir accès à un ordinateur, à une salle informatique ou à un réseau (wifi ou filaire) haut débit etc…

L’argent est le nerf de la guerre et une université, surtout si elle a des ambitions, en demande beaucoup.

Le manque de place est aussi dû au fait que, le BAC étant donné à tout le monde, il y a mathématiquement plus d’inscriptions à l’université.

Financement et sélection.

L’université manque d’argent (ou en dépense trop…) c’est un fait mais pourtant les syndicats étudiants non représentatifs (à peine 10% des étudiants votent) ne veulent ni d’une augmentation des frais d’inscription ni d’une partie de financement privé comme cela se fait dans tous les autres pays du monde.

Leur argument c’est que l’entreprise ne doit pas rentrer à l’université et ne doit pas décider des enseignements.

Effectivement, il serait tellement stupide que les étudiants possèdent des connaissances utilise aux entreprises… Ils risqueraient de trouver un boulot…

Notez que les Ecoles de Commerce font exactement l’inverse et que, comme par hasard, leurs étudiants sont nettement moins au chômage que ceux qui sortent de la fac.

Concernant les frais d’inscription, qui sont généralement inférieurs à 500 euros (sécu comprise) je veux bien imaginer qu’une augmentation peut être, pour certains, difficile à assumer. Pourtant, si l’université réservait ses emplois à des étudiants (gestion de la bibliothèque par exemple) comme cela se fait au Etats-Unis (ou les frais sont infiniment plus élevés) le problème pourrait être réglé.

Sans compter que les étudiants peuvent aussi travailler de leur côté. Je l’ai fait, pendant 3 ans, je travaillais le week-end dans in resto. C’est parfaitement faisable et ceux qui disent le contraire sont des menteurs ou des fainéants.

L’autre paramètre qui pourrait éviter le manque de place, c’est la sélection :

Certaines filières sont particulièrement concernées, notamment les licences de Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) au point que les seules places restantes offertes cet été étaient situées en Guadeloupe. On constate aussi une forte pression dans les licences de psychologie, droit, santé. Pour Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d’université «l’impact démographique est indéniable. Mais on peut aussi critiquer APB qui n’est pas lumineux pour le néophyte.»

Beaucoup de jeunes n’émettent par exemple qu’un seul vœu ou ne demandent que des filières sélectives. Le problème central reste celui des Staps, extrêmement prisé. «Les débouchés existent mais sont limités. Nous ne pouvons pas nous permettre de créer des places supplémentaires dans cette filière alors que nous le ferions sans difficulté si nous avions un afflux d’étudiants en informatique», insiste-t-il. En droit, la difficulté résulte surtout d’un problème de flux, notamment en Île-de-France, où les étudiants visent tous les mêmes universités parisiennes les plus prestigieuses. On comptait ainsi 13 999 demandes d’inscription en première année de droit à Paris-I pour 725 places.

On laisse des gens s’inscrire en STAPS (c’est la formation des profs de sport) alors qu’il n’y a pas ou peu de débouché et donc que l’on forme surtout des chômeurs alors qu’il y a plein de place en informatique, une formation recherchée partout et bien payée en plus !!

Et tout ça pour respecter le dogme égalitariste, ubuesque et criminel du « pas de sélection à l’université défendu d’arrache-pied et sans aucun réalisme par les syndicats étudiants et particulièrement le plus « représentatif » d’entre eux (environs 50% de voix sur 10% de votants soit au mieux, 5% des étudiants) l’UNEF.

L’UNEF, le principal syndicats étudiant, pouponnières du parti socialiste et fournisseur officiel d’oligarques fonctionnaires qui ne mettront jamais les pieds dans une entreprise et qui n’ont la moindre idée de ce qu’est le monde réel, est un des responsable (le principal responsable) de la médiocrité pédagogique, financière et social du l’université française.

Les solutions.

La première c’est évidemment d’aller chercher l’argent là où il est : dans les entreprises. Et tant pis si cela oblige à appeler un amphi « amphi Total » ou si certains enseignements sont fortement suggérés par les RH des entreprises.

La deuxième c’est d’arrêter de donner le BAC à n’importe qui et de promouvoir l’enseignement non-universitaire.

50% des étudiants à l’université n’ont rien à faire là. Ils n’ont ni le niveau (qui est pourtant faible) ni la motivation pour être à l’université.

Un bon plombier gagne mieux sa vie qu’un psychologue, qu’un prof de sport ou qu’un chercheur en sociologie et il est plus utile.

Il faut des numerus clausus dans les filières qui ont peu de débouché.

Il faut augmenter les frais d’inscription car, comme écrit dans cet excellent article :

Ceci aurait également une autre vertu, celle de l’exigence : si je paie mes études, a fortiori si je m’endette, j’ai le droit d’être plus exigeant sur la qualité des études que l’on m’offre. Les Américains diraient : « pas de taxation sans représentation ». Bref, augmenter les frais d’inscription, c’est donner plus de pouvoir aux étudiants ; par là on entend plus de vrai pouvoir, pas celui qui consiste à avoir un siège dans un comité qui organise le nettoyage des locaux universitaires comme c’est le cas actuellement.

 

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Un commentaire pour Ubu est ministre de l’enseignement superieur

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