Carnivore

Vous le savez, les éleveurs Français se révoltent car les prix d’achat de la viande ne sont pas assez élevés (je simplifie, mais en gros, c’est ça).

Notez néanmoins que les éleveurs qui font du haut-de-gamme, comme ceux qui fournissent Desnoyer ou Le Bourdonnec vivent eux très correctement….  Comme quoi, la qualité vaut souvent mieux que la quantité.

Les problèmes des éleveurs Français sont multiples et je vais tenter d’en analyser quelques uns et de proposer des solutions.

-La grande distribution ne rémunère pas assez les producteurs.

Problème qui ne touche pas que les éleveurs mais aussi les producteurs de fruits et légumes. La Grande distribution, ce sont des rapaces qui, sous couvert d’offrir aux consommateurs des prix bas et avec le soutient de l’Etat (capitalisme de connivence), fais progressivement disparaître les petits producteurs/éleveurs au profit des grandes exploitations, surtout étrangères car encore moins chères. Nous sommes toujours dans le combat qualité vs quantité.

Loin de moi l’idée de vouer aux gémonies la grande distribution, qui a également beaucoup d’avantages, mais leur idéologie purement déflationniste et leur unique souci de la marge financière n’est bon pour personne.
Ni pour les producteurs/éleveurs Français qui ont de plus en plus de mal à vivre, ni pour les consommateurs qui, certes bénéficient de prix bas mais n’y trouvent pas la qualité.

Ne faudrait il pas manger moins de viande mais de meilleure qualité ?
La grande distribution ne pourrait elle pas baisser ses marges et privilégier les producteurs/éleveurs Français ?
L’Etat ne devrait il pas imposer des fournisseurs français aux cantines publiques ?

J’ai penser à une solution, qui ne me semble pas si difficile d’accès : Les producteurs/éleveurs Français devraient « squeezer » la grande distribution en proposant en direct leurs produits, comme certains le font sur les marchés ou même par internet. L’organisation d’une telle chose ne me semble pas impossible et je vois assez bien des « super marchés » de fruits, légumes et viandes, gérés par des coopératives de producteurs/éleveurs Français qui se passeraient ainsi de la grande distribution.

 

-les représentants des agriculteurs laissent à désirer.

La FNSEA, comme la très très grande majorité des syndicats, est un cloaque de voleurs, de menteurs et d’escorcs. Je vous invite à aller lire les information sur son actuel président, Xavier Beulin, grand défenseur des OGM et donc intimement lié à Mansanto, il est également président de Sofiprotéol, une holding financière aux multiples ramifications qui est, entre autres, le plus gros fabriquant de biodiesel en France, situation qui pue le capitalisme de connivence à plein nez.

Mais quand Xavier Beulin arrive à la tête de Sofiprotéol, les agrocarburants ne sont pas encore compétitifs. Il faut trouver une solution pour vendre le Diester®. La recette ? L’obtention d’une défiscalisation des agrocarburants : l’État reverse une partie des taxes perçues sur la vente de carburants aux producteurs d’agrocarburants. En 2003, Sofiprotéol bénéficie ainsi d’une « défiscalisation » de 0,35 euros par litre de Diester® [5]. Une facture payée par le contribuable. Vient ensuite la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) en 2005 : l’incorporation d’agrocarburants (esthers d’huile) devient obligatoire dans le gasoil vendu à la pompe. Les distributeurs de carburants sont contraints d’acheter ces esthers d’huile à des sites de productions bénéficiant d’un agrément. Et jusqu’en 2007, comme par hasard, seuls les sites de Sofiprotéol/Diester industries bénéficient d’un agrément… C’est ce qu’on appelle la concurrence libre et non faussée.  (source)

Xavier Beulin roule pour les gros, Xavier Beulin est riche grâce à ses accointance avec le pouvoir politique et grâce aux contribuables.
Xavier Beulin ne défend en rien les agriculteurs français (surtout s’ils sont petits).
Xavier Beulin défend un vision purement financière et industrielle de l’agriculture mais dans le même temps fait croire qu’il s’intéresse à ceux qu’il prétend défendre.

C’est le Bernard Tapie de l’agriculture. 

Le groupe Avril-Sofiproteol n’est pas seulement un acteur industriel : il est aussi un des principaux financeurs de l’agriculture française. Comment ? Par son activité en tant que fonds d’investissement, et qui vaut à ce dernier de continuer d’exister en tant que tel dans le nouvel organigramme d’Avril. En réalité, à sa naissance, Sofiprotéol est d’abord constitué en tant qu’établissement financier, appelé à gérer les fonds de la filière oléo-protéagineuse. D’où proviennent ces fonds ? Des « contributions volontaires obligatoires », versés par les producteurs d’oléo-protéagineux. Oui oui, vous avez bien lu, des prélèvements « volontaires obligatoires ».

Problème ? En 2002, la Cour des Comptes se saisit de ce dispositif et enquête sur l’utilisation des fonds récoltés. Et le rapport est sans appel, dénonçant la « lecture très extensive qu’[en ont fait] les dirigeants de Sofiprotéol » : « La légalité tant nationale que communautaire du financement d’opérations d’investissement au moyen de « cotisations volontaires obligatoires » apparaît douteuse à plusieurs titres ». (source)

Ma solution est assez simple : la FNSEA (comme tous les syndicats) ne doit plus obtenir de financements publique et les agriculteurs doivent en reprendre la gouvernance.

 

 -Les consommateurs ne sont pas assez informés/éduqués.

Les industriels et la grande distribution font beaucoup pour cacher un maximum d’informations aux consommateurs (provenances des produits, compositions etc…).
Mais il ne faut pas oublier que le consommateur est lui même un peu con, relativement inculte et totalement déresponsabilisé il y a donc toute une éducation à refaire et des informations à donner pour que le contribuable/citoyen puisse choisir en toute connaissance de cause.
Malheureusement, sur ce plan la il n’y a rien à attendre de l’Etat c’est donc aux agriculteurs de faire cet important travail et je pense que mon idée de coopérative nationale et de « super marché » agricole serait un excellent vecteur.

 

-L’Europe et la PAC

J’ai un énorme doutes quand à l’utilité de l’Europe dans ce dossier. Même si j’ai de la famille qui possède et exploite des terres dans le Cantal (ils font surtout de l’élevage mais un peu agriculture aussi) je connais mal la problématique des subventions et de la PAC car ils n’en touchent pratiquement pas, contrairement aux agriculteurs millionnaires de la Beauce (j’en connais aussi…). Si vous avez des informations complémentaires ou des critiques, je suis preneurs.

 

-Les producteurs/éleveurs sont ils à la hauteur ?

Après avoir pris la défense des agriculteurs, je dois quand même dire qu’il est probable que beaucoup d’entre eux soient de très mauvais gestionnaires. Voir même pour certains des cons.
Il me semble évident que la structure économique et financière des exploitations agricoles change et va encore changer. Je pense qu’il faut s’attendre et prévoir une France avec moins d’agriculteurs mais qui auront de plus grandes exploitations. C’est déjà le cas mais ce phénomène devrait s’accentuer encore.
La PAC et les politiques agricoles de l’Etat ont également créé une distorsion et masqué certains problèmes.

 

Conclusion :

J’ai tenté de passer en revu quelques problèmes sans être exhaustif et si vous avez des commentaires complémentaires à y apporter surtout n’hésitez pas.
En résumé je répéterais que l’on privilégie trop souvent la quantité à la qualité, que l’Etat est assez pervers dans sa gestion de l’agriculture, que la FNSEA est à l’image des syndicats français (menteurs, voleurs et escrocs), que le consommateur manque d’information et que les producteurs/éleveurs/agriculteurs devraient réellement se révolter et vendre eux même sans passer par des distributeurs et les grande distribution.

 

Mise à jour : 15h50

Mon Dieu !!! J’ai failli oublier !!!

Un des gros problème, sinon LE GROS problème des agriculteurs français c’est évidemment le poids des charges, des taxes et autres impôts donc le poids de l’Etat.

Vous remarquerez que ce problème (la pression fiscale) et très souvent cité…

Très bon article de contrepoint à ce sujet. 

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5 commentaires pour Carnivore

  1. Pawel Pauciskowski dit :

    Il faut bien qu’ils paient des charges, en nous vendant leur merde remplie de pesticides, ils contribuent de manière non négligeable à empoisonner la population. Faut donc bien soigner les cancers des gens qu’ils empoisonnent.
    A noter qu’ils sont eux même les plus exposés aux produits chimiques qu’ils déversent partout et l’agriculteur développe plus de tumeurs cancéreuses que la moyenne.
    Et je vous passe sur la destruction totale de certains biotopes, sur d’autres maladies causées par leurs rejets, le ramassage des algues en Bretagne pour ne pas faire fuir les touristes.
    Depuis 20 ans, toutes les eaux françaises sont couvertes d’algues vertes qui asphyxient les plans d’eau, là encore, c’est normal qu’on les taxe pour rembourser leurs méfaits.

    • Skandal dit :

      Vous soulevez un très intéressant ! Et je suis en grande partie d’accord avec vous.

      Je tiens néanmoins à souligner que le grand défenseur de cette agriculture productiviste qui pollue et qui produit surtout de la quantité au détriment de la qualité est la FNSEA.

      Ce syndicat entretien d’excellente relations avec Monsanto qui fabrique quand même des produits extrêmement dangereux mais surtout, assez peu utile.

      Je vous invite fortement à aller voir ces deux vidéos : https://www.youtube.com/watch?v=s33JeAVWZFM

      Claude Bourguignon est loin d’être un idéologue écologiste, c’est un scientifique et l’agriculture qu’il tente de promouvoir est, à mon avis, celle vers laquelle il faut aller.

      « là encore, c’est normal qu’on les taxe pour rembourser leurs méfaits. »

      Non, c’est complètement con. C’est comme leur donner 600 millions sans régler les problèmes.

      L’Etat Français ne fait que ça depuis 50 ans, taxer et subventionner pour régler les problèmes sauf que cela ne règle absolument rien et fait même empirer les choses.

  2. Petitpatapon dit :

    Il faut supprimer toutes les aides publiques comme cela s’est passé en Nouvelle-Zélande, les agriculteurs devront s’adapter ou changer de métier.
    http://www.contrepoints.org/2012/07/21/91117-en-nouvelle-zelande-les-agriculteurs-ne-veulent-pas-de-subventions
    Bien évidemment, cela devrait s’accompagner d’une suppression des taxes-cotisations (par exemple de la cotisation PROVEA qui subventionne aussi bien les centrales syndicales des salariés que la …FNSEA) et qui rend peu compétitifs leurs produits.
    La seule agriculture qui ne vit pas d’aides publiques (la viticulture d’AOC) est celle qui vit le mieux et pourtant elle . Elle a mis en place depuis longtemps et massivement des procédures qui prône le qualitatif. C’est d’ailleurs la seule filière agricole qui n’a quasiment pas de lien avec la FNSEA (merci de noter que les vignerons du Sud Ouest font des vins sous IG et non pas des vins d’AOC). J’ai souvenir d’une manif de vignerons leurs slogans étaient « on ne veut pas d’argent, on veut juste que l’administration nous lâche la grappe! »
    Pour ma part, j’attends avec impatience que soit mis en place un label viande type « bien-être animal/sécurité sanitaire » pour être sûr de ne pas acheter des viandes obtenues après abattage rituel.
    Pour les histoires d' »agri-empoisonneur », je me méfie de ces propagandes d’Etat qui nous montre du doigt une profession en oubliant largement que les plus gros utilisateurs de produits herbicides sont en général les personnes publiques (et autres entreprises d’Etat type sncf), et que les subventions publiques ont largement encouragé la suproductivité (primes pour la destruction des surplus) et donc l’usage desdits produits.

    • Petitpatapon dit :

      et pourtant elle …vend aux grandes surfaces

    • Skandal dit :

      Je suis globalement d’accord avec vous… Et si vous ne l’avais pas fait je vous invite à aller regarder les 2 vidéos ci-dessus.

      Concernant les « agri-empoisonneur », les éleveurs porcins bretons ont quand même pollués leurs nappas phréatiques avec le lisier.

      Le plus hallucinant, c’est qu’avec des méthodes « à l’ancienne » (pas ou peu de labourage, qui ne sert de toutes façon à rien, pas de fongicide et pas de pesticide, pas d’engrais autres que naturel etc…) les agriculteurs ne produiraient pas beaucoup moins (voir même plus à terme) mais surtout, cela leur demanderait moins de travaille et surtout nettement moins de dépenses.

      Mais la FNSEA et l’INRA, bien aider par les gros groupes (Monanto, Novartis) continuent à faire n’importe quoi et à mentir.

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