L’escroquerie intellectuelle de l’Education Nationale

Et voila, le BAC est passé, le BAC est terminé, le BAC est corrigé et le « taux de réussite » a encore progressé.

Le ministère annonce fièrement 87.8% de réussite avec un nombres de mention très bien absolument délirant (on parle de 15%).

C’est certainement « grâce » aux mesures et aux réformes de NVB et de ses deux prédécesseurs (Peillon et Hamon et même  des autre d’ailleurs !!) ou alors c’est certainement la conséquence de la formidable idéologie pédagogiste qui contrôle l’EN depuis 1968.

Non ? Comment ça, non ?

Je ne peux pas croire que le niveau baisse continuellement depuis 30 ans alors que le taux de réussit au BAC augmente systématiquement ! Je ne peux pas croire que la France soit si mal placée dans tous les classements internationaux alors que de plus en plus d’élèves ont des mentions « très bien » !

Je ne veux pas y croire !

En 1980, le taux d’obtention du bac d’une classe d’âge était de 26% (source).

Alors oui, c’est une époque ou le chômage n’était pas encore une conséquence structurelle du socialo-étatisme et de son clientélisme, oui c’est une époque ou on pouvait avoir un travail intéressant et bien payé sans avoir à se couper un bras pour se payer une école de commerce ou d’ingénieur privée et c’est une époque ou l’espoir était permis avec la montée en puissance de Tonton Mitterrand et du capitalisme de connivence qui allait l’accompagner.

Désormais, et alors que le socialo-étatisme mitterrandien, le socialo-étatisme chiraquien; le socialo-étatisme sarkozyste et le socialo-étatisme hollandais ont parfaitement et totalement réussi leurs objectifs, ne créant rien d’autre que du chômage, des fonctionnaires, des impôts et de la dette, il est de bon ton de faire croire aux crétins lobotomisés par l’Education Nationale qu’ils ont le droit de rejoindre la cohorte des « gardiens de vaches diplômés » dont l’Université française s’est faite une spécialité.

Gardiens de vache diplômés qui rejoindront ensuite la masse des français inscris à pôle emploi.

Quand 90% d’une classe d’âge obtient un diplôme, ce diplôme n’a aucune valeur.

Le permis de conduire a un taux de réussite au premier coup de 50% à 55%. Je vous laisse imaginez les conséquences sur la route si on le donnait à 90% des gens…

Mais le plus gros problème ce n’est pas que le BAC soit donné. A la rigueur, cela n’a même pas d’importance. Le problème c’est que ce truc donne accès à l’enseignement superieur et que l’on se retrouve en première année d’université avec des gens qui n’ont ni l’intelligence, ni les connaissances pour suivre une première année de fac (qui est pourtant relativement facile.)

J’en parle d’autant mieux que je l’ai vécu, certes avec un bagage plus conséquent que mes camarades (javais fait autres choses avant) mais tout de même, j’ai été surpris de trouver en première année d’économie et finance des gens ne sachant pas faire une dérivée ou une intégrale ou ne sachant pas que « the white house » c’est le lieu de résidence et de travail du président américain.

Pour les 45% (55% échouent à passer la première année) les plus travailleurs ou les plus intelligents (ou les moins cons, comme vous voulez) qui auront réussi à passer la première année sans se faire pourrir par les cancres et les méthodes plus que douteuses des syndicats étudiants genre UNEF ou AGEN (genre, « je bloque la fac pour vous défendre »….) et qui auront même poussé le vice jusqu’à être suffisamment travailleur pour être diplômé d’un master en sociologie, en histoire de l’art ou en langues orientales, c’est Pole Emploi qui ouvre grand ses bras.

Pour ceux qui sont encore un peu plus malins, ceux qui auront choisi des formations universitaires qui donnent éventuellement un emploi (en gros économie/gestion/finance et droit puisque l’Université française ne forment pratiquement pas d’ingénieur et pratiquement d’informaticien) les plus chanceux (et/ou les plus riches) auront peut être la possibilité de démontrer que le privé fait mieux que le publique en étant admis dans une des nombreuses « grandes écoles » qui existent dans notre pays.

Au final, si la sélection ne se fait plus au BAC, elle se fait ailleurs.

-Soit de façon relativement inégalitaire par l’argent (je dis « relativement » car les admis dans de bonnes « grandes écoles », même s’ils n’ont pas beaucoup d’argent, trouvent facilement de quoi financer les études, ce fut mon cas), c’est à dire que ceux qui peuvent se payer une prépa et/ou une grande école post-BAC ont nettement plus de chance d’avoir un emploi que les autres.

-Soit de façon parfaitement égalitaire ou l’exigence toute relative de l’université française se chargera d’écarter ceux qui n’ont décidément rien à faire à la fac et/ou ceux qui se contenteront d’une licence, diplôme qui ne sert pas à grand chose hormis peut être remplir correctement son dossier Pôle Emploi.

Bref, l’escroquerie intellectuelle de l’Education Nationale et de toute l’idéologie égalitaro-pédagogiste qui pourrit cette institution consiste à faire croire aux élèves que tous peuvent être « des intellectuels », que tous peuvent être des « cadres », que tous peuvent travailler dans un bureau (idéalement dans la fonction publique) et qu’être plombier, charcutier, boucher ou charpentier c’est dégradant.

Pourtant un boucher ou un plombier, pour peu qu’il fasse correctement,t son travail, gagne mieux sa vie que n’importe quel sociologue ou fonctionnaire de base.

Arrêtons de faire croire à des gens, qui n’ont pas les capacités intellectuelles pour suivre correctement des cours dans l’enseignement superieur, qu’une licence ou qu’un master sont le graal intégrale et la seule voie pour avoir un emploi.

C’est faux !!

Enfin, ce n’est pas complètement faux quand même.

Car le problème, et c’est aussi la perversion de ce système français, c’est que les employeurs, contraints par le droit du travail, limitent eux aussi le risque en n’embauchant que des diplômés, et si possible avec beaucoup de grands et beaux diplômes.

Ce qui n’est pas tout le temps la garantie d’avoir quelqu’un de compétent.

Le preuve étant l’incompétence institutionnalisée de ceux qui sortent diplômés de cette usine d’imbéciles qu’est l’ENA.

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6 commentaires pour L’escroquerie intellectuelle de l’Education Nationale

  1. Dahu dit :

    Je ne comprend pas bien le rapport entre les Grandes Ecoles et les écoles privées. A ce que je sache, on fait sa prépa « gratos » au lycée, et on ne paie que les frais d’inscriptions si l’on rejoint des écoles du type Centrale ou les Mines. Pour peu que l’on soit bon, on peut rejoindre l’elite à peu de frais. La vraie question est plutôt « comment développer un bon niveau » tout au long de sa scolarité.

    Ca ne coute pas forcement cher, il faut juste choisir les bons colleges et les bons lycées, ce qui équivaut à utiliser ses relations et frauder le système en place. Le problème est que si vous n’êtes pas dans l’elite, vous aurez peu de chance d’être introduit dans le système et vous allez bêtement vous retrouver dans l’impasse. Ceci dit on peut encore s’en sortir avec l’education publique, en France. Ce n’est pas comme les USA ou l’Australie où les écoles publiques sont nulles, et seuls les riches peuvent payer une eduction dans une institution privée.

    En ce moment je travaille dans une université australienne, et je trouve que le niveau est moins bon qu’en France. Ici les étudiants paient des frais de scolarité exorbitants, et ils sont sûr d’avoir leur Bachelor à la fin sans bosser. Pareil pour le PhD. Du coup les diplômes ne valent rien non plus… Du coup les entreprises font appel à l’immigration car elles ne trouvent pas de compétences localement.

    • Skandal dit :

      Non, toutes les prépas ne sont pas gratuites. Et Centrale ou Mines ne sont pas les deux seules « grandes écoles ». Essec, Edhec, EM Lyon etc… sont aussi des grande écoles (sans parler des écoles d’ingénieur…).

      Pour le reste, vous n’avez visiblement pas compris le sujet de mon billet ou alors je me suis mal exprimé donc je vais m’auto-citer :

      « Bref, l’escroquerie intellectuelle de l’Education Nationale et de toute l’idéologie égalitaro-pédagogiste qui pourrit cette institution consiste à faire croire aux élèves que tous peuvent être « des intellectuels », que tous peuvent être des « cadres », que tous peuvent travailler dans un bureau (idéalement dans la fonction publique) et qu’être plombier, charcutier, boucher ou charpentier c’est dégradant. »

      C’est à ça que sert le fait de donner le BAC à tout le monde : faire croire que tout le monde peut faire des études supérieures.

  2. Popeye dit :

    Prépa « gratos »? Oui…dans les lycées publics!
    « Ginette » (lycée privé Sainte Geneviève à Versailles) qui fournit un nombre conséquent d’X, de Centraliens et Normaliens, c’est 7 000 euros de frais de scolarité par an.
    Sinon, je suis d’accord avec l’intégralité de la phrase mise en exergue par le taulier.

  3. Dans le même genre, l’encombrement des filières littéraires et « sciences » humaines est significatif. Ce sont des disciplines destinées, in fine, a former des profs et des « chercheurs », c’est-à-dire à reproduire à l’identique une population d’universitaires. En soi, ce n’est pas une mauvaise chose, puisqu’il faut bien des historiens, des profs de latin etc…, mais faire croire à des milliers d’étudiants qu’on pourra leur trouer une place de prof,et même tout simplement un job autre que d’exécution en tant qu’employé, c’est tout simplement un mensonge.
    J’ai été la victime consentante de ce système : j’ai cinq ans d’études post-bac dans une filière qui ne sert strictement à rien. Résultat: une fois dans la vie active, j’ai longtemps dû bosser avec des crétins qui ne comprenaient rien à rien pour un salaire faible, alors que tous les gens que je connais qui ont un niveau d’étude comparable dans des filières efficaces (droit-finance-gestion) ont des bons jobs.
    Le système scolaire et universitaire n’est à mes yeux rien d’autre qu’une vaste escroquerie.

    • Skandal dit :

      Très bon exemple ! Et on continue à ne pas vouloir effectuer de sélection (numerus closus) à l’entrée de ces filières. Ces filières qui mènent tout droit à Pôle Emploi.

      Les syndicats étudiants ont une très très grosse part de responsabilité la dedans.

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