La « grecquisation » de la France

la dette française atteint, officiellement,  97,5% du PIB (soit 2 089,4 milliards à fin mars 2015).

Je dis « officiellement » car l’Etat français fait comme les banques : il cache une partie de la dette dans du « hors bilan ». En réalité, la dette de la France est de 5300 milliards d’euros soit pas loin de 250% du PIB.

Contrairement à ce qu’écrit Alévêque et aux stupidités sans fond de Mélenchon, ce n’est pas « pas grave ». La dette d’aujourd’hui c’est l’impôt de demain et compte tenu de la dégradation de la situation (croissance faible, chômage fort) associé aux incompétences manifestes et bien réelles des crétins (syndicats, fonctionnaires, élus) chargés de gérer notre système sociale ne total faillite (Sécu, retraites, régimes spéciaux, retraites complémentaires) l’avenir de nos enfants est sombre, bien sombre.

Il est de plus en plus probable que ce qui attend la France c’est une « grecquisation ».

Certains à l’extrême gauche (et même à l’extrême droite) considère une partie de la dette française comme illégitime car elle serait du, comme l’affirme Clementine Autain, du au fait que les impôts sur les riches ont baissé.

Rien n’est plus faux.

D’abord la France est le pays avec la pression fiscale la plus élevé du monde et les impôts n’ont fait qu’augmenter. Contrairement à ce que dis Piketty dans ses livres (je vous invite à aller lire les billets de ce blog consacrés aux critiques des frauduleuses thèses, vous pourrez trouver des exemples ici, ici et) les riches payent plus que les autres (ce qui n’est pas anormal) et 10% de la population s’acquittent de 90% de l’IR.

La dette n’est donc pas due à des baisses d’impôts sur les riches.

Ensuite, cette dette a été contractée par des gouvernements démocratiquement élus par un peuple sensé être libre. Si les gens votent pour des incompétents, incapable de faire des budgets en équilibres c’est de leur faute.

Et pour terminer, il faut savoir que la dette sert à financer, non seulement les intérêts d’elle même mais surtout la clientèle électorale des gouvernements, à savoir les fonctionnaires, les syndicats et tous les pique-assiettes qui gravitent autour (presse subventionnée, associations subventionnées, élus etc…).

Si elle servait à investir dans la fibre optique, dans les autoroutes ou le train, je n’aurais pas grand chose à dire mais la, elle sert surtout a financer un Etat malade, obèse, droguer à la dépense pour des raisons purement politique.

Donc si elle est illégitime, c’est que le financement des syndicats et les privilèges des fonctionnaires sont aussi illégitimes… Je doute que Clémentine Autain soit d’accord avec cela.

Bref, la dette est légitime et c’est grave.

Le plus « étonnant » c’est que ceux qui sont les plus responsables de cette dette (les gouvernements de gauche), donc ceux qui enchérissent le plus les « dealers » de dette (à savoir les banques) sont également ceux pour qui l’ennemi c’est la finance.

Mais le pire, c’est que la dette continue de grimper, inexorablement et que le gouvernement ne fait absolument rien pour contrer cela. Je dirais même qu’il l’encourage.

L’Etat continue d’emprunter car les taux son bas. L’argument consistant à dire que si les taux sont bas c’est que les investisseurs ont confiance en nous est totalement et parfaitement mensonger. D’abord il y a une logique de flux et ensuite la BCE manipule totalement les taux et la monnaie.

Quand les taux vont remonter (a priori septembre pour les taux américains), car ils remonteront c’est une certitude, l’impact sur la dette française va être hyper violent.

Les conséquences sur le budget de l’Etat et sa capacité d’emprunt pourraient être terribles et entraîner une perte de confiance de la part des créanciers soit exactement ce qui est arrivé à la Grèce.

Notre Etat doit se réformer, fort et vite et il n’y a pas 36 solutions… 

 

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13 commentaires pour La « grecquisation » de la France

  1. Piotr dit :

    Toute la création monétaire actuelle dans les pays développés vient du crédit… les états ne battent plus monnaie, par contre les banques créent de la « monnaie dette » en ouvrant des lignes de crédits.
    Si vous avez 100 euros en circulation et une population de 100, le système tourne. Mais la population augmente et a tendance à réclamer de meilleures conditions de vie (des soins, des écoles, des autoroutes), du coup, votre population qui fait maintenant 110 réclame non plus 110 mais 120. Vous allez créer 20 euros de monnaie… Et donc vous émettez 20 euros de « monnaie dette ». L’état va faire un crédit, mais aussi les particuliers qui veulent des jolies maisons, les entreprises et au final, tout le monde a des crédits.
    Et si on additionne les crédits des états, des ménages, et des entreprises, on n’est pas les plus mal lotis en France.. le Japon, les USA, la GB, ce sont des déficits abyssaux.

    Donc d’accord pour dire que le système est complètement incontrôlé, mais il n’est pas propre à la France, loin de là.

    • Skandal dit :

      « Toute la création monétaire actuelle dans les pays développés vient du crédit »

      Ce n’est pas vrai, sauf si vous considérez que les « quantitative easing » sont du crédit…

      Hors ce n’en est pas. Ce que font la FED et la BCE c’est manipulé la monnaie. La valeur de la monnaie reposait, jusqu’au accord de Brettons Woods, sur la quantité d’or que détenait les banques centrales. Le pire économiste du XXème siècle, JM Keynes, est à l’origine de la virtualisation complète de la monnaie (et de la création de cette institution d’escrocs qu’est le FMI) qui est aujourd’hui à son apogée.

      Les taux d’intérêts bas que l’on a aujourd’hui, qui ne reposent sur aucune base macro ou micro économique, sont absolument catastrophiques et démontrent l’incompétence et la nullité absolue des gens qui nous dirigent.

      -Ces taux bas incitent les pays à ne surtout pas se réformer (la France par exemple) et à continuer leur politique keynésienne, cette politique qui mène systématiquement à la faillite (la Grèce par exemple, mais l’Argentine avant elle aussi).

      -Ces taux bas ne rémunère pas le risque à sa juste valeur et incite donc au non-investissement.

      -Ces taux bas distordent le coût réels des investissement par rapport au risque et incitent donc les entreprises et les particulier à investir la ou, dans un cas normal, ils ne l’auraient pas fait.

      -Les taux bas réduisent les bons investissements et augmentent les mauvais investissements.

      Le retour de bâton va être d’une violence inouïe…

  2. tschok dit :

    « Quand les taux vont remonter (a priori septembre pour les taux américains), car ils remonteront c’est une certitude, (…) »

    C’est un peu le principe des taux: ça monte, puis ça redescend, etc. L’idée, c’est d’anticiper.

    Faut peut-être regarder le tableau au niveau mondial, pour se faire une idée, non?

    Si on reste dans une situation d’abondance de capitaux et d’atonie de l’investissement, faute d’activité soutenue chez les émergents, alors on peut espérer que les détenteurs de capitaux continueront à choisir de l’obligation française, même à taux bas.

    • Skandal dit :

      « Faut peut-être regarder le tableau au niveau mondial, pour se faire une idée, non? »

      Non… Pas besoins. Une remontée des taux américains fera remontée tous les autres même si la BCE continue de manipuler la monnaie.

      « alors on peut espérer que les détenteurs de capitaux continueront à choisir de l’obligation française, même à taux bas. »

      Espérer ?? Ces taux bas sont une catastrophe pour tout le monde sauf pour l’Etat qui continue à s’endetter sans vergogne et sans se réformer. Quand ils remonteront, cela fera très très très mal…. Regardez ce qui est arrivé à la Grèce.

      Manipuler la monnaie et les taux comme le fait la BCE ne mènera qu’a la catastrophe.

      • tschok dit :

        Tout le monde y trouve apparemment son compte…

        La question c’est jusqu’à quand?

        La question du « quand » renvoie à la nature de l’événement qui va foutre le bordel.

        Vous dites: remontée des taux US.

        On verra bien. Mais il y a quelques petites interrogations sur le déclencheur de l’événement (les Etats-Unis sont endettés, donc les taux bas, ils aiment) et sur ses conséquences sur les taux européens (le lien entre les deux systèmes).

        Peut-être que les deux systèmes sont assez étanches, finalement.

        La BCE fait de la création monétaire. On sait que ça ne peut pas durer éternellement. Je regarderais plutôt ce phénomène là, avant d’aller voir une éventuelle contagion depuis les Etats-Unis.

        • Skandal dit :

          « Tout le monde y trouve apparemment son compte… »

          Ha bon ?? Allez expliquer cela aux fonds de retraites complémentaires du privé (AGIRC ARRCO), allez expliquez ça aux épargnants, allez expliquer ça au détenteur de livret A, allez expliquez ça au gérants de plan épargne d’entreprise etc…

          Et je ne parle même pas des taux négatif qui sont, financièrement et économiquement des aberrations.

        • tschok dit :

          Vous n’allez pas me faire croire que vous prenez fait et cause pour ces rentiers, tout de même! Vous, un libéral…

          Effectivement, ceux qui veulent faire de l’argent avec de l’argent n’aiment pas les taux bas, synonymes de faible rémunération de leurs placements.

          Mais tous ceux qui veulent investir ou s’endetter, eux, aiment les taux bas.

          Dans quelle économie on est? Une économie de la rente, ou de la dette et de l’investissement?

          Maintenant, vous le savez, les taux, ça va, ça vient. Pour l’instant on rase gratis, alors on en profite.

          La limite du truc, pour moi, mais je me goure peut-être, elle a à voir avec le phénomène de création monétaire. La BCE fait tourner la planche à billets. Bon, jusqu’à quand?

        • Skandal dit :

          Les épargnants ne sont pas rentiers et les régimes de retraites complémentaires sont en faillite à cause des taux bas (en autre, et aussi parce qu’ils sont gérer par les syndicats et des fonctionnaires).

          Taux bas = pas de rendement….

          « Mais tous ceux qui veulent investir ou s’endetter, eux, aiment les taux bas. »

          S’endetter ? pour faire quoi ? Pour investir ? Si pas de rendement, pas d’investissement.

          Et les taux on beau être bas, les gens ne s’endettent pas pour autant et l’immobilier est au point mort. Donc ce que vous dites est factuellement faux.

          Vous ne devriez pas discuter de sujets auxquels vous ne connaissez visiblement pas grand chose.

        • tschok dit :

          Le problème quand je vous explique un truc, c’est que vous me lisez pas et vous ratiocinez sur des points subalternes.

          Je vous dis juste: je regarderais plutôt la fragilité de notre système non pas sous l’angle des taux, mais en allant zieuter dans le compartiment création monétaire.

          Quelles sont les limites classiques et banales à la création monétaire par une banque centrale?

        • Skandal dit :

          Allez écouter Charles Gave, il explique tout cela très bien : http://ac.matra.free.fr/FB/20150622gave.mp4

        • Skandal dit :

          « Quelles sont les limites classiques et banales à la création monétaire par une banque centrale? »

          Hyper inflation, chute du taux de change, ruine, faillite….

  3. Fred Camino dit :

    Bon, bon, bon. Les USA et le Japon sont les deux pays majeurs ultra endettés et ce n’est pas si grave, non?

    • Skandal dit :

      Les situations n’ont pas grand chose à voir et en plus si, c’est grave.

      La dette Japonaise appartient aux Japonais et le Japon est en déflation avec une croissance nulle depuis presque 30 ans. La situation est pas terrible…. C’est ce que vous voudriez ?

      Quand aux Etats-Unis, ils peuvent se permettre de s’endetter comme cela pour deux raisons : ils « contrôlent » leur monnaie (contrairement aux Français ou aux Grecques) et la structure même de leur économie le permet (en gros, c’est plus ou moins l’inverse de l’Etat providence), pour l’instant.
      Ils se prennent les crises en pleine gueule et sont souvent les premiers en période de croissance. Mais leur dette et leur création monétaire leur reviendra dans le gueule à un moment ou à un autre.. C’est ce que vous voudriez ?

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