Uber et AirBnB ou comment le « libéralisme » fait mieux que le socialisme

Suite à un billet de Didier Goux, se moquant du gloubi-boulga économico-littéraire d’un « pseudo » écrivain degôchiste (et donc assez peu au fait des réalités de ce monde) m’est venu l’idée de ce petit article explicatif.

Je cite mon compatriote trotsko-gaucho :

« Je resterai objectif (si si). Je ne paye pas pour voyager chez l’habitant et me déplace aussi rarement en taxi qu’en VTC. Cette polémique de bourgeois fébriles à l’idée de payer sept euros de moins la course, et d’avoir une bouteille d’eau gratuite en prime, ou d’occuper un appartement si authentique, vintage mais confort en plein centre de capitales en pénurie de logement pour les locaux, me touche peu dans mon quotidien. […] »

Première chose étonnante, il serait « bourgeois » de vouloir économiser de l’argent…

Là je ne comprends pas bien le cheminement intellectuel qui peut mener à un tel raisonnement…

Si l’un de vous peut m’expliquer…

Normalement, arrivé à ce stade-là, le lecteur ayant un QI supérieur à 70 ferme la fenêtre et ouvre Facebook, terrassé par tant de crétinerie.

Le lecteur légèrement déficient sur le plan mental acquiescera à cette saillie dont la cohérence socio-économique est digne des plus belles envolées de feu Georges Marchais : « le bilan des pays communistes est globalement positif ».

Bien, bien, bien.

Prenant mon courage à deux mains et sur les conseille de Monsieur Goux (« Lisez tout le texte : vous verrez ce qu’est un socialiste imbécile, prenant un visible plaisir à massacrer une langue qu’il n’a jamais maîtrisée – ni, évidemment, aimée. ») j’ai continué la lecture.

« […]Enfin presque. Je subis juste la pollution des voitures en ville et l’inflation soutenue des loyers depuis cinq ans dans mon quartier parisien (une des conséquences concrètes de l’explosion des deals dématérialisés d’Über et AirBnb). Je ne pleure pas non plus sur les hôteliers ni sur les taxis qui voient leur business déstabilisé par ces deux boites de Pandore.[…] »

Donc AirB&B serait responsable de l’inflation des loyers…

Depuis combien de temps ça existe AirB&B ? Et bien la fondation de la société remonte à novembre 2008 et le développement en France de 2010.
Hors l’inflation des loyers parisiens date du début des années 2000.

AirB&B n’est donc pour rien dans la hausse spectaculaire des prix de l’immobilier parisien.

Mais surtout, notre « écrivain » anti-libéral à totalement tort sur la cause des hausses des loyers et des prix de l’immobilier.

Je l’ai déjà expliqué dans de nombreux billet, mais je vais tout de même le refaire :

La hausse est  essentiellement due à deux phénomènes :

1) La loi de l’offre et de la demande.
Demande en hausse et offre limité font naturellement monté les prix.

2)La baisse des investissements en terme de construction.
Là il y a plusieurs choses qui ont limité les offres nouvelles. La mairie de Paris qui limite les autorisations afin de faire monter les prix donc les taxes, impôts et droits de mutations mais surtout la raréfaction d’investisseurs (privés ou institutionnels) capables de financer des nouvelles constructions.

Ces investisseurs se font plus rares pour une raison extrêmement simple : la rémunération du risque n’est plus suffisante. Contrairement à ce que pensent nos dirigeants, les français ne sont pas si cons que cela. Le type qui a de l’argent à investir (qu’il travaille pour lui ou pour une société) va regarder ou il place son pognon. Il va se dire « ça me coûte X de construire et ça va me rapporter Y de louer/vendre ».

Le problème c’est que depuis 15 ans, X monte plus vite que Y donc le taux de rendement (Y-X) diminue.

[Notes : je sais, ce n’est pas un taux, mais je simplifie, vous aurez tous compris ou je veux en venir. ]

Ajouter à cela qu’il est de plus en plus risqué d’être propriétaire loueur puisque votre locataire à infiniment plus de droit et qu’il peut, s’il se débrouille pas trop mal, habiter chez vous pendant deux ans sans payer ni loyer, ni eau, ni électricité, et vous comprendrez deux choses :

1) Les loyers augmentent pour compenser le risque de le locataire ne paie pas.

2) Les prix augmentent pour rémunérer le risque de l’investisseur (quand investisseur il y a…).

Si vous ajoutez à cela, l’idée la plus stupide du monde, issue du cerveau malade de la plus stupide des ministre du logement (Cécile Duflot évidemment), consistant à encadrer artificiellement les loyers, vous obtenez un marché immobilier qui n’en est plus un (les prix ne répondant plus à la loi O/D), avec de plus en plus de gens qui recherche un logement et de moins en moins de logement disponible.

Les effets de cette loi vont être absolument terribles ! Nous allons vers une détérioration de la qualité des logements et vers une pénurie très très grave.

Il y a pourtant des moyens simples de résoudre cette crise du logement :
-Aligner les droits/devoirs du propriétaire avec les droits/devoirs du locataire.
-Délivrer des permis de construire et vendre du terrain bâtissable.
-Baisser taxes et impôts sur les plus-values immobilière

Je continue, car le spectacle n’est pas terminé

« […] Reconnaissons tout de même à AirBnB et Über un concept cynique à souhait (pas étonnant que ces sociétés soient célébrées par l’époque) :  prendre de l’argent sur des biens qui ne sont pas les leurs, faire travailler des gens sans les salarier (donc sans les protéger, sans cotiser, ni leur fournir d’assurance, de congés payés, rien). Mieux encore, dans le cas d’Über, le faux salarié fournit son outil de travail. Le client, lui, à l’impression d’être un peu plus riche. Une belle poursuite de l’ultralibéralisme dont nous sommes cette fois directement les artisans en proposant nos biens, en les consommant, et en travaillant pour ces parasites.[…] »

« prendre de l’argent sur des biens qui ne sont pas les leurs »

Mais, mais, mais….. C’est exactement le concept de la fiscalité française ça !!!

« […]Cette nouvelle économie est de l’ancienne en pire. Il s’agit toujours d’arranger le pouvoir d’achat de ceux qui ont du pognon au détriment des conditions sociales de ceux qui n’en ont pas[…] »

C’est marrant, je suis rentré avec Chauffeur-Privé hier (le Uber français) et je discutais avec le chauffeur qui m’a un peu raconté sa vie. En gros, une grande majorité des chauffeurs sont des types issus de la banlieue (je le cite « on est presque tous noir ou arabe »), lui avait 4 téléphones avec 4 applications de VTC différentes.
Il travaille surtout la nuit et, d’après lui, gagne bien sa vie (son véhicule, une Mercedes classe C flambant neuve en atteste, il l’a payé pratiquement cash, en partage avec son frère).
Ce qui m’a frappé surtout c’est qu’il m’expliquait très clairement et très simplement que les VTC avait permis à un tas de gens de banlieue et/ou issus de l’immigration, de travailler à leur compte, de gagner leur vie de consommer, d’épargner etc…

Le reste de l’article étant un amalgame de crétinerie gauchiste, je m’arrête sur le commentaire.

Uber et AirB&B ne sont certainement pas parfaits (qui l’est ?) mais ces deux modèles  économiques ont fait plus pour les français que toutes les pseudo-réformes des socialistes.

AirB&B fournis un complément de revenus aux propriétaires (et donc un complément d’impôts pour l’Etat) et un moyen, moins cher, de se loger pour un court séjour pour les locataires.

Les VTC fournissent du travail et un revenu a des gens qui n’en avaient pas avant (avec les taxes et impôts pour l’Etat) et offre un service bien meilleur et souvent moins cher que le système corporatiste et monopolistique du taxi.

 

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20 commentaires pour Uber et AirBnB ou comment le « libéralisme » fait mieux que le socialisme

  1. Popeye dit :

    Air BnB est la CONSEQUENCE de la sortie du marché de la location longue durée de nombre de biens, dont les propriétaires sont découragés de mettre en location longue durée. Le locataire, s’il est malfaisant, est invirable. La mise en location est digne de la roulette russe.
    Donc le proprio qui a UN seul appart’ à louer à Paris ne joue pas, ou plus.
    Et Air BnB s’engouffre dans la brèche. Le proprio échaudé est bien content de payer sa taxe foncière et d’entretenir son pied à terre grâce aux touristes de passage.

    Est-ce propre aux gôcho de tout inverser?

    • Lyly dit :

      Ajouter au fait que Paris étant un marché internationnal, Airbnb permet à des français de classe moyenne supérieure de se créer un patrimoine et d’avoir plus de touristes qui dépensent à Paris plutôt qu’un appart soit acheté par des étrangers riches qui n’y passeront que deux semaines. L’offre hôtelière devra peut-être légèrement se réajuster et encore aller trouver une chambre pour ce soir…
      Dire que c’est air bnb qui empêche la classe moyenne d’acheter à Paris est délirant c’est une simple rencontre entre l’offre et la demande internationale. Ce qui est drôle c’est que c’est dénonce par des milieux qui vantent les milieux alternatifs des échanges de services d’immobilier de vacances en dehors donc des professionnels et donc de la fiscalité…
      On a un exemple de contrôle des loyers à Paris: l’appel de 1956, 40 ans de contrôle de loyer pour aider les familles ravagées par la première guerre mondiale 40 ans où le loyer était un poste budgétaire moins important que le tabac 40 ans de dégradation non entretenu de constructions au point mort même apres la 2eme guerre…40 ans autres années suivantes à offrir des milliards d’aide fiscale pour « récupérer » des immeubles haussmaniens en ruine à construire des hlms en banlieues penses par des technocrates…

    • Skandal dit :

      Exactement !

      « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes »

      Les pouvoirs publiques ont voulus surprotéger les locataires au détriment de ces salauds de propriétaire, esclavagistes, capitalistes et turbo-libéraux et bien voila ce que ça donne.

  2. amike dit :

    « Si l’un de vous peut m’expliquer… »
    Celui qui ne veut pas se déplacer à pied ou dans les transports en commun est forcément un bourgeois. Et le bourgeois est forcément riche, égoïste, etc. Il pensait aux chaises à porteur ou à l’efficacité des khmers rouges pour vider les villes…

    « boite de Pandore » : Une dénomination significative de leur manière de penser. Tout problème est symptôme d’un mal plus grand ou les prémisses du pire poussé à l’absurde. Un mathématicien a parlé ainsi des « peurs exponentielles »

    Pour le reste, je ne sais pas s’il aspire à une existence sans possession (pourquoi pas?) ou s’il fantasme sur les indiens d’Amériques !

    « prendre de l’argent sur des biens… »: D’autres auraient parlé de monnayer un service selon sa plus value ?
    « faire travailler des gens sans les salarier »: Attention : là, c’est du sérieux. Il est considéré que le rapport entre un très gros et des petits se fait toujours au détriment des seconds. En l’occurrence les apparences sont contre Uber, alors qu’un marché libre avec une vraie concurrence peut équilibrer les forces. Mais cette réputation peut être le coin que certains utiliseront pour bloquer leurs développements.

    • Skandal dit :

      Le degôche est rarement cohérent en économie. D’ailleurs, aucun système marxiste/communiste/ultra-collectiviste n’a dépassé le stade de la ruine, de la faillite et du goulag.

    • tschok dit :

      @ Amike,

      Dans la pensée de gauche, le bourgeois est pingre, tout simplement. Il est avare de ses bons sentiments, ce qui le rend médiocre sur un plan humaniste, il est intellectuellement superficiel, car orienté vers la satisfaction de ses besoins matérialistes, ce qui le rend médiocre sur un plan spirituel, il est thésauriseur et spéculateur à la fois, ce qui le rend médiocre sur un plan économique, et surtout il est condamné par la théorie marxiste à la disparition, en tant que partie d’une classe sociale qui doit céder la place à la dictature du prolétariat.

      Aujourd’hui ce dernier trait s’estompe, mais le bourgeois reste malgré tout une sorte de survivant promis à une destruction prochaine. Il est en sursis. Tout le menace, même l’Arabe ou le réchauffement climatique.

      Le bourgeois ne constitue pas une figure particulièrement valorisée dans la littérature. Depuis Molière, on lui casse volontiers du sucre sur le dos. Il est l’enfant de Bécassine et d’Harpagon et le filleul Pétain, rarement on voit en lui un découvreur ou un poète, souvent un tyran de dimensions domestiques.

      Si vous avez un mauvais trait à décocher contre une cible facile mais indistincte, c’est lui qu’il faut choisir. Il prend tous les coups et n’en rend aucun.

      • Skandal dit :

        « Aujourd’hui ce dernier trait s’estompe »

        Surtout que Marx a eu tort sur toute la ligne…

        • tschok dit :

          Pas sur toute la ligne.

          De 1847 à 1917, il a eu raison. Après, l’avion s’est engagé dans une trajectoire qui a été plus mortelle qu’un crash test réalisé sur mannequin. C’était des vrais gens et plein sont morts.

        • Skandal dit :

          Donc il a eu tort… Donc ce qui se réfèrent encore à Marx aujourd’hui sont des imbéciles.

  3. tschok dit :

    Bonjour Skandal

    Avec Uber et AirBnB ou la Turker Nation (ce qu’on appelle un peu péjorativement le prolétariat numérique) on entre dans la disruption. Et c’est pas fini.

    Ce qui est fascinant, c’est l’inversion des points de vue: normalement, un blogueur comme Seb Musset, classé à gauche, devrait écrire votre billet, en particulier ce passage:

    « Ce qui m’a frappé surtout c’est qu’il m’expliquait très clairement et très simplement que les VTC avait permis à un tas de gens de banlieue et/ou issus de l’immigration, de travailler à leur compte, de gagner leur vie de consommer, d’épargner etc… »

    L’économie de la disruption permet à des gens qui n’ont pas leur place dans le système économique actuel d’en trouver une, ce qui est normalement un argument de gauche.

    Au lieu de cela, il reprend à son compte un argument qui, normalement aurait dû être le vôtre:

    « ÜberLiberal et AirBordel sont des entreprises de prédation. La concurrence est faussée, elles se torchent des réglementations nationales (droit du travail, fiscalité) ».

    Depuis quand les gôchistes se préoccupent-ils de question de concurrence pure et parfaite – je vous le demande? – puisqu’ils honnissent même le mot?

    La disruption va nous confronter de plus en plus souvent à des inversions de rôle: les libéraux vont se retrouver dans le camp des gôchistes et les gôchistes dans le camp de l’ordre établi. On va bien s’amuser.

    • Skandal dit :

      Qu’Uber et AirB&B ne respectent pas toujours correctement les réglementations nationales est une chose (encore que, si elles ne respectaient pas les lois elles seraient interdites, ce qui n’est pas le cas…) mais cela n’a aucun rapport avec ce que dénonce Musset.

      Quand il dit « ’inflation soutenue des loyers depuis cinq ans dans mon quartier parisien (une des conséquences concrètes de l’explosion des deals dématérialisés d’Über et AirBnb) » on s’aperçoit bien que c’est un imbécile qui ne comprend rien aux causes et conséquences des multiples actions du pouvoir politique sur le marché du logement.

      Et avec l’encadrement des loyers, ça va être encore pire…

      « L’économie de la disruption permet à des gens qui n’ont pas leur place dans le système économique actuel d’en trouver une, ce qui est normalement un argument de gauche. »

      Désolé mais cela n’a absolument rien a voir avec la gauche ou la droite. Ce distinguo n’a, en économie, aucun sens.

      On a juste des entreprises qui répondent à un besoin et une envie des consommateurs et qui, répondant à ce besoin/envie, créent des emplois par milliers, permettent à des gens de travailler et de gagner de l’argent et créent, du coup des rentrées, fiscales.

      Ce n’est ni de gauche, ni de droite, c’est libéral. Alors que le concept de la corporation des Taxis Français est étatiste.

      « La disruption va nous confronter de plus en plus souvent à des inversions de rôle: les libéraux vont se retrouver dans le camp des gôchistes et les gôchistes dans le camp de l’ordre établi. On va bien s’amuser. »

      Non, absolument pas, pourquoi voulez vous que les camps s’inversent ?

      Vous dites que j’aurais du écrire son billet, et lui le mien (-en gros, je simplifier). Je vous le dis gentiment, vous dites absolument n’importe quoi.

      « ÜberLiberal et AirBordel sont des entreprises de prédation. La concurrence est faussée, elles se torchent des réglementations nationales (droit du travail, fiscalité) ». »

      Comment voulez vous que cet « argument » puisse être le mien puisque c’est actuellement faux… Ce sont les taxis qui faussent la concurrence justement. Si vous pensez que j’aurais pu faire de cet argument le mien c’est que vous n’avez absolument rien compris à ce que j’écris.

      Et de la même façon, vous dites « Seb Musset, classé à gauche, devrait écrire votre billet, en particulier ce passage ». Tout le monde devrait se réjouir que des emplois soient créés !! Je ne demande que ça moi !! Ce sont les socialistes au pouvoir qui font tout pour qu’une partie de la population reste dans la misère et ce sont Uber et AirB&B qui donnent des moyens à cette population de sortir de la misère (j’exagère un peu, mais aurez compris le principe).

      Encore une fois, la liberté d’entreprendre, la liberté de travailler, la liberté d’utiliser sa propriété privée comme on l’entend, bref, le libéralisme, démontre sa supériorité fasse au socialo-étatisme et au capitalisme de connivence représentés par la Maire de Paris et par la corporation des taxis.

      • tschok dit :

        Grand Dieu! Je ne voulais pas dire que vous êtes un degôche – ce serait une injure – et que Seb Musset est un libéral – c’en serait une également pour lui!

        Je remarquais simplement qu’un degôche comme Seb Musset est capable de se scandaliser, entre autres choses nous sommes bien d’accord, d’une rupture de la concurrence pure et parfaite, ce qui est un argument qui appartient plus aux conceptions libérales de l’économie qu’aux conceptions habituellement classées à gauche, qui considèrent la concurrence comme un concept haram, issu de la pensée bourgeoise (cacapabo).

        Il en vient ainsi à défendre des corporations, ce qui est très surprenant de la part d’un homme de gauche.

        De même, Seb Musset devrait normalement se réjouir que les VTC aient pu apporter à une population qui est habituellement considérée comme laissée pour compte les moyens de se libérer de la pauvreté et du chômage par le travail.

        N’est-ce pas un des plus vieux rêves de la gauche?

        On pourrait même ajouter que l’aspect rebelle de la chose colle assez bien avec l’esprit zadiste, qui est plus de gauche que de droite.

        Or, pas du tout.

        De votre côté, on pourrait s’étonner de ne pas vous voir prendre en compte les atteintes que portent au principe de la concurrence loyale ces modalités nouvelles de l’économie disruptive. Le libéral, normalement, n’est pas un révolutionnaire. Il veut protéger la concurrence légitime, donc loyale, car il sait que la concurrence déloyale est potentiellement chaotique, donc révolutionnaire. En ce sens, le libéral, même de gauche, est toujours le partisan d’un ordre.

        Or, pas du tout: vous vous en réjouissez et vous fichez totalement des conséquences de l’atteinte à la concurrence loyale, tout à votre joie schumpetérienne de destruction d’un ordre ancien par un ordre nouveau, plus efficace selon vous.

        Vous, un partisan de la tabula rasa, comme les militants communistes du premier âge pouvait l’être?! Je n’en reviens pas. Trotskiste presque…

        Et – Ô surprise! – vous voilà à faire du social: vous vous réjouissez que les laissés pour compte du système trouvent par eux-mêmes une activité lucrative, alors que la société fait à peu près tout ce qui est en son pouvoir pour écarter ces populations de la réussite économique.

        En vous lisant j’ai presque eu l’impression de vous voir basculer dans le keynésianisme, en tout bien tout honneur, ne le prenez surtout pas en mauvaise part. D’ailleurs, ce n’est ni de vous ni de lui qu’il faut parler, car je vois bien qu’en vous prêtant ses idées et en lui prêtant les vôtres, j’offense deux personnes, alors que je parlais surtout des idées et pas de leur titulaires.

        Il faut parler des idées que chacun reprends à son compte et simplement constater qu’elles ne sont pas puisées dans le vivier où, habituellement, l’un et l’autre trouvent ses ressources et ses bases idéologiques.

        Bien sûr il ne faut pas oublier que les idées sont de libres parcours et qu’elles n’appartiennent à aucun camp, du moins jusqu’au moment où on se les approprie. C’est ce mouvement d’appropriation que je regarde.

        • Skandal dit :

          La concurrence pure et parfaite n’existe pas et c’est un libéral qui vous le dit ! 😉

          « Il en vient ainsi à défendre des corporations, ce qui est très surprenant de la part d’un homme de gauche. »

          Moi ça ne m’étonne pas du tout, au contraire, c’est parfaitement logique. La gauche a toujours défendu les corporations. Elle défend d’ailleurs la plus grosse et la plus scandaleuse des corporations : les fonctionnaires.
          Ce sont les libéraux qui critiquent les corporations, les autres, qu’ils soient socialistes-étatistes degôches ou socialistes-étatistes dedrouâtes défendent toujours (souvent) les corporations.

          « De même, Seb Musset devrait normalement se réjouir que les VTC aient pu apporter à une population qui est habituellement considérée comme laissée pour compte les moyens de se libérer de la pauvreté et du chômage par le travail. »

          Je suis d’accord, c’est pour cela que sa position est intellectuellement incohérente.

          « De votre côté, on pourrait s’étonner de ne pas vous voir prendre en compte les atteintes que portent au principe de la concurrence loyale  »

          Quelle atteinte à la « concurrence loyale » ? Les taxis n’étaient pas en concurrence puisqu’ils étaient en situation de monopole. Uber vient bouger ce monopole, c’est très bien . De plus Uber ne propose pas le même service que les taxis et il y a largement de la place pour tout le monde.

          Il n’y aucune concurrence déloyale. Les taxis parlent toujours de leur license mais ils oublient de dire que ces licences sont, à l’origine, donner gratuitement par la préfecture ce sont eux qui ont fait monter les prix de ces licences par leur corporatisme et leur monopole. C’est leur problème, pas le mien.

          « Vous, un partisan de la tabula rasa » Il ne s’agit nullement de table rase. Il s’agit d’avoir une forme de concurrence ( pas une concurrence « pure et parfaite » puisque les VTC ne peuvent faire de maraude) dans un secteur corporatiste et monopolistique.

          « Et – Ô surprise! – vous voilà à faire du social: vous vous réjouissez que les laissés pour compte du système trouvent par eux-mêmes une activité lucrative, alors que la société fait à peu près tout ce qui est en son pouvoir pour écarter ces populations de la réussite économique. »

          Vous êtes étonné ? Vous devez vraiment mal me lire et mal me comprendre.
          C’est le principe même du libéralisme que de pouvoir donner sa chance à tout le monde. C’est ce que je défends à longueur de page.

          « En vous lisant j’ai presque eu l’impression de vous voir basculer dans le keynésianisme »

          C’est que vous ne savez pas ce qu’est le keynésianisme alors parce que la, c’est tout le contraire.

          « Il faut parler des idées que chacun reprends à son compte et simplement constater qu’elles ne sont pas puisées dans le vivier où, habituellement, l’un et l’autre trouvent ses ressources et ses bases idéologiques. »

          Les siennes peut être (l’incohérence intellectuelle classique du degôche) mais ce que je défends la, je l’ai toujours défendus. C’est le principe même du libéralisme pour lequel je « milite ».

          Ce libéralisme n’est ni de gauche ni de droite et c’est peut être pour cela que vous semblez confus, trop habitués que vous êtes à ranger les idées dans des cases gauche et droite.

          Il n’y a pas des mesures économiques de gauche et d’autres mesures économiques de droite. Il y a des mesures qui marchent et d’autres qui ne marchent pas. Visiblement, Uber et AirB&B, ça marche…

  4. tschok dit :

    Mouais…

    Tenez, puisque vous parlez de confusion, je vais vous faire un croc en jambe:

    Proposition A:

    « La concurrence pure et parfaite n’existe pas et c’est un libéral qui vous le dit ! »

    Proposition B:

    « C’est le principe même du libéralisme que de pouvoir donner sa chance à tout le monde. C’est ce que je défends à longueur de page. »

    Le militant que vous êtes doit comprendre que la proposition A, telle qu’elle est formulée, contient un élément de contradiction avec la proposition B, telle qu’elle est formulée.

    La concurrence, pure et parfaite, devait en effet permettre à chacun d’avoir sa chance. Si elle n’existe pas, alors, quelque chose déconne soit dans la théorie libérale ( ce qui est vrai d’ailleurs) soit dans votre formulation (ce qui est vrai aussi, remarquez).

    • Skandal dit :

      Une théorie este une théorie… Rien n’est parfait, il y a des trucs qui marchent très bien, d’autres moyennement et d’autres pas du tout.

      Je ne vois pas ou il y a une contradiction entre les deux propositions.

      La concurrence pure et parfaite tel que définit par la théorie n’existe pas en pratique à l’heure actuelle (et n’existera probablement jamais) et la selon la théorie, le but du libéralisme est de donner sa chance, tout du moins d’essayer de donner sa chance, à tout monde.

      Je ne vois aucune contradiction. On parle de théorie pas de réalité.

      La seule réalité dans l’histoire qui nous intéresse c’est que le libéralisme fait mieux, sur ce point la, que le socialisme.

      • tschok dit :

        Faire mieux que le socialisme n’est pas un exploit, non plus.

        Même le Moyen Âge y parvient.

        A mon sens, le libéralisme n’a de valeur, de sens, d’intérêt et de portée que si on est exigeant à son égard.

        Sinon, il n’est qu’un prétexte au bordel, un de plus.

        Dans ce cas, je n’ai pas besoin du libéralisme, le Rock ‘n Roll suffit (plus un bonne bouteille de whisky, une voiture rapide et une femme fatale, bien sûr)

        • Skandal dit :

          « A mon sens, le libéralisme n’a de valeur, de sens, d’intérêt et de portée que si on est exigeant à son égard. »

          C’est ce que défend et c’est la différence avec le capitalisme de connivence (crony capitalism) que trop de gens confondent encore avec le libéralisme.

          Pour le reste, comment ne pas être d’accord (même si je préfère le rhum….).

  5. Merci Skandal pour ce génial article. La bêtise du gauchiste montre une chose : ce genre de type ne supporte pas qu’on essaye de gagner de l’argent. Ce qu’il aime, ce sont les pauvres qui galèrent, et qui lui fournissent, par leur seule existence, la justification de son idéologie. Toute réduction de pauvreté quelle qu’elle soit est déjà un affront pour le gauchiste. Ces gens sont obsédés par le pognon, et s’imaginent que tout travailleur est exploité. Partant, la seule solution honorable, c’est de vivre aux crochets de l’État. Ces gens parlent de travail, mais en réalité, ils détestent le travail et l’effort – et c’est pourquoi l’idée même d’un travailleur freelance qui possède son outil de travail (ici la voiture) leur est exécrable.
    En un mot comme en cent, il ne comprennent rien à la vie réelle, dans laquelle le souci des gens n’est pas de se sentir moralement sans tâche, mais d’avoir suffisamment de fric pour accéder à un confort relatif.
    Une fois de plus, on assiste à un dévoiement catastrophique d’idéaux chrétiens : charité, pauvreté, vie monacale et hautement morale. Les gauchistes sont les cathares d’aujourd’hui – et mériterait de finir comme eux.

    • Skandal dit :

      « Ce qu’il aime, ce sont les pauvres qui galèrent, et qui lui fournissent, par leur seule existence, la justification de son idéologie. »

      Oui, je pense qu’il y a un peu de cela… C’est comme l’Education Nationale et les réformes qui visent clairement à fabriquer des armées de « citoyens » pas bien instruits, peu cultivés et dans l’idéal chômeurs afin de justifier le socialo-étatisme, l’anti-libéralisme (dans le pays le moins libéral du monde, c’est assez drôle…) et le vol des contribuables par l’Etat.

      Je ne vais pas faire dans la théorie du complot mais je m’amuse toujours de ces gens qui déplorent les conséquences de leur pensée et de leur idéologie…

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