Du pain oui, mais pas tous les jours

Je voulais revenir sur cette histoire de boulangerie obligée de fermer un jour par semaine. 

Tout d’abord, le nouveau patron de la CGT dis absolument n’importe quoi, ce qui est en parfaite cohérence avec l’orientation mafieuse d’un syndicat comme la CGT.

Je passe donc rapidement sur les délires psychotiques de ce moustachu.

Je veux parler de cette obligation de fermer au moins un jour par semaine et je vais essayer d’y connecter ma propre conception de l’économie et de la concurrence.

Pourquoi obliger une entreprise à fermer ?

La question est légitime.

Cette très grande boulangerie emploie 22 personnes dont toutes disposent de 2 jours de repos par semaine. Je suppose également que le patron et ses employés sont responsables et donc capables de s’entendre sur des plannings qui satisfassent tout le monde. Je suppose donc qu’avec 22 employés il est parfaitement possible de s’organiser afin que chacun trouve son compte en matière de travail dominical et de salaire.

Autant je veux bien croire que dans le cadre de l’ouverture des magasins le dimanche il y aura certainement des gens « obligés » de travailler le dimanche, autant j’ose penser que dans le cas de cette structure, les employés sont capables de s’organiser en bonne intelligence.

Cette fermeture n’est donc en aucun cas une façon de protéger les employés.

D’ailleurs cette fermeture à été « demander » par les concurrents de cette boulangerie et pas par ses employés.

Profitons en pour parler de concurrence.

En tant que « libéral », je suis pour la concurrence. Encore faut il que celle-ci, afin d’être « juste », se rapproche le plus possible de la conception classique de la « concurrence pure et parfaite« .

Soyons clair, ce n’est qu’un concept et il est très difficile de retrouver cette concurrence pure et parfaite dans la réalité (voir même impossible).

Bref, la question qu’il faut se poser et qui justifierai éventuellement l’obligation de fermeture c’est : est ce que cette boulangerie fait une concurrence déloyale aux autres ?

Certes, elle est plus grande que les autres, elle bénéficie donc d’un tas d’avantages comme des économies d’échelles ou un pouvoir économique plus important ou même un avantage quand vient le temps d’aller voir son banquier. Mais dans le même temps, la structure est moins souple et plus soumise au joug du code du travail.

On peut en discuter mais je ne crois pas que dans le cas spécifique de la boulangerie, la taille soit un avantage déloyal.

Pour faire une comparaison, Porsche ne fait pas une concurrence déloyale à Lotus…

De plus, cette boulangerie a été élue meilleure baguette tradition de France en 2014 donc si elle a plus de clients, donc plus d’argent ce n’est pas à cause de sa taille mais grâce à la qualité de ses produits. On ne peut donc pas parler de concurrence déloyale, bien au contraire.

Soyons tout de même cohérent. Il y a éventuellement concurrence déloyale si cette boulangerie est ouverte tous les jours alors que les autres sont « obligées » de fermer un jours par semaine.

Quand je dis « obligées », je parle d’obligation légale ou d’obligation matérielle. Il me semble assez évident qu’il est plus difficile pour une petite boulangerie familiale d’être ouverte tous les jours que pour un gros machin avec 22 employés.

Un arrêté préfectoral datant du 25 mars 1999 impose aux boulangeries du département des Landes de fermer au public au moins un jour par semaine (source) donc en ouvrant 7 jours sur 7, cette boulangerie est non seulement en infraction avec la loi mais elle fait en plus une concurrence déloyale sur ce point particulier du temps d’ouverture.

Qui va y perdre ?

Ok, je vous l’accorde, le seul point qui justifierait la fermeture c’est le respect de la loi, qui est la même pour tous le monde.

Donc, cette boulangerie va fermer une journée, deux employés vont être probablement licenciés et l’entreprise va perdre 250.000 euros de CA annuel.

Pour cette boulangerie, la perte est indéniable. Pour les deux futurs chômeurs aussi…

L’Etat, lui, va se retrouver avec 2 chômeurs en plus, les charges et taxes qui vont avec les salaires en moins, et les taxes et impôts qui allaient avec les 250.000 euros de CA en moins également.

L’Etat est pour l’instant perdant sur toute la ligne. Ce qui en dit long sur la cohérence et l’intelligence de ceux qui ont la prétention de faire les lois…

Les autres « petites » boulangeries vont elles y gagner ?

J’en doute fortement et pour argumentation je vais prendre l’exemple de mon comportement qui est, à mon avis, assez représentatif du comportement de la grande majorité des gens :

Je vais toujours dans la même boulangerie. Parce qu’elle est près de chez moi et/ou sur le chemin pour rentrer et/ou parce que le pain est bon (surtout parce que le pain est bon…).

Si jamais elle est fermée, je vais éventuellement dans une autre mais en général j’ai prévu le coup et la veille j’ai acheté deux baguettes au lieu d’une.

Je dirais donc que 95% du temps, j’achète toujours mon pain au même endroit et que le fait que ma boulangerie soit fermée ne me fait que très rarement acheter mon pain ailleurs.

Je suis prêt à parier que ce comportement est assez commun dans la population Française.

Ce qui veut dire que les clients de cette grande et bonne boulangerie, sachant qu’elle sera fermée le lundi (peu importe le jour…) achèterons le dimanche deux baguettes au lieu d’une et n’irons pas se fournir chez la concurrence.

Je pense donc que la fermeture n’aura qu’un impact négligeable sur le chiffre d’affaire des autres boulangeries.

Conclusion

Finalement, la seule chose qu’il faut regarder dans cette histoire ce sont les gains et/ou les pertes pour chacun des protagonistes.

Pour la Boulangerie :
-2 employés en moins
-250.000 euros de CA en moins

Pour l’Etat :
-2 chômeurs de plus
-Tous les impôts, taxes et charges des salaires (des 2 employés licenciés) et du CA (250.000 euros annuel) en moins.

Pour les « concurrents »
-Probablement pas grand chose à gagner si ce n’est d’avoir fait chier celui qui faisait du bon pain…

J’ai la désagréable qu’il n’y a pas de gagnant et que des perdants dans cette affaire….

Post-scriptum

Petite précision, si comme je le pense, les gens vont prévoir et acheter leur pain la veille, il est probable que la perte de CA pour la boulangerie soit moins importante. Cela se répercute bien évidemment sur les impôts/charges/taxes pour l’Etat.

Reste tout de même 2 chômeurs de plus pour un gain probablement nul pour les autres boulangeries.

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29 commentaires pour Du pain oui, mais pas tous les jours

  1. Popeye dit :

    Il faudrait préciser qu’il s’agit de 250 000 de CA annuel.
    Sinon, à 125 000 € de CA par jour ouvré par employé, je veux bien investir dans cette boulangerie, ça m’a l’air assez rentable comme business.

  2. Jacko dit :

    En gros vous achetez deux baguettes au lieu d’une mais le chiffre d’affaires baisse quand même… c’est super fort comme démonstration.

    • Skandal dit :

      Ou est ce que j’ai dit ça ? Nulle part…

      Vous pourriez peut être développez au lieu de faire le troll…

    • Skandal dit :

      Répondez moi sur ma conclusion plutôt, dites nous ou vous voyez une incohérence, expliquez nous pourquoi il est justifié, ou non, de faire fermer cette boulangerie…

    • Skandal dit :

      Enfin je vous rappelle que c’est le proprio qui parle d’une perte de CA, si les gens agissent comme moi (ce que je crois), la perte sera bien plus faible voir même nulle…

      Mais je ne base pas une conclusion sur mes convictions.

      • Jacko dit :

        Vous dites que vous achetez deux baguettes pour anticiper la fermeture, ce qui ne favorisera pas les autres boulangeries. Et ensuite, vous annoncez que le boulanger va perdre du chiffre. Or si le consommateur anticipe ses achats, il ne devrait rien perdre.
        Bref, votre démonstration ne me semble pas cohérente.

        Après, c’est une histoire d’offre et de demande. Certains économistes pensent que c’est l’offre qui crée la demande et donc si un magasin ouvre, il aura fatalement des clients qui ne seraient pas venus ailleurs. Exemple, je passe devant cette boulangerie, je vois un beau pain au chocolat en devanture et je passe me l’acheter. C’est un achat que je n’avais pas prévu, juste de la gourmandise. Donc effectivement, l’ouverture de la boulangerie provoque des échanges commerciaux. Et si elle ferme, rien ne dit que j’aurais fait cet achat impulsif ailleurs.
        D’autres pensent que c’est la demande qui provoque l’offre… les gens ont faim, ils ont besoin d’une baguette et ils l’achèteront chez A mais si celui ci ferme, ils iront chez B qui récupérera une partie de la consommation de baguettes évaluées à X par jour pour une population donnée sur une surface géographique donnée. Et ils expliqueront que mon besoin gourmand aurait été satisfait aussi bien en passant devant un glacier, qu’en rentrant chez moi où je me serais préparé moi-même un gâteau. Et donc si la boulangerie est fermée, j’aurais quand même consommé une glace ou des oeufs et de la farine.
        Voilà, en simplifiant, ce que disent les économistes… bref, comme sur tous les sujets …. ils ne savent pas.

        • Skandal dit :

          « Bref, votre démonstration ne me semble pas cohérente. »

          C’est pour ça que j’ai précisé en post-scriptum.

          « Voilà, en simplifiant, ce que disent les économistes… bref, comme sur tous les sujets …. ils ne savent pas. »

          Heureusement que les politiques eux, savent parfaitement…

          C’est pour ça que j’ai émis l’hypothèse, qui me semble probable, que les clients de cette boulangerie n’iront pas ailleurs, ou alors rarement et pour peux d’entre eux et que cela ne changera pas grand chose.

          On verra bien.

  3. Groucho Marx dit :

    Dans l’ensemble je suis d’accord avec ce raisonnement. Pas de gagnant, que des perdants.
    Les employés licenciés qui vont se retrouver au chômage.
    L’employeur qui va perdre 250 k€ qui ne seront jamais convertis en capital et donc en travail
    L’état qui va perdre en TVA, IS, charges sociales et cotisations diverses. Mais l’état ne perd rien car c’est nous qui allons compenser.

    Et en terme d’image, c’est pire:
    les concurrents qui sont des pleutres qui se réfugient dans les jupes des juges.
    la pays tout entier: nous sommes bien vus comme des gens qui n’aiment pas travailler
    les syndicats qui préfèrent avoir des chômeurs plutôt que des travailleurs
    et toutes les « forces vices » de ce pays qui voient que finalement, il est impossible de travailler, d’innover, de réussir dans ce pays.

  4. Groucho Marx dit :

    groumf, lire « les forces vives… »

  5. tschok dit :

    Bonjour Skandal,

    C’est marrant parce que, alors que vous avez compris la raison d’être de cette réglementation (il faut bien que les petits boulangers puissent prendre un jour de repos, donc on oblige le gros à en faire autant), vous vous lancez dans un raisonnement alambiqué qui repose sur un postulat qui vous est complètement personnel, selon lequel l’administration ne réglemente une activité que dans un but fiscal, ou de maintien de l’emploi.

    Ce qui est complètement faux.

    Si vous revenez à ce que vous avez compris, sans faire d’extrapolation hasardeuse sur le comportement d’un client imaginaire standard, qui n’est autre que vous, il est assez facile de se rendre compte qu’un boulanger qui ne ferme jamais peut livrer une concurrence « déloyale » aux autres boulangeries qui, elles, sont obligées de fermer, ce qui peut conduire à leur faillite et donc, à terme, à des destructions d’emplois, des pertes de taxes et la constitution d’un monopole ou d’un oligopole, et à une diminution de la qualité du service rendu pour le consommateur (moins de choix possibles, plus de distance à parcourir, prix plus élevés, etc).

    Le but de cette réglementation est de parvenir à un équilibre.

    Ici, un commerçant veut s’affranchir de la règle commune et laminer ses concurrents en leur imposant une perte de CA. Il est dans une démarche égoïste où il ne pense qu’à son enrichissement perso, ce qui est son droit le plus strict, mais cette conception de son intérêt personnel ne participe pas à un bien commun.

    Dans la théorie libérale, la somme des intérêts perso des agents doit participer à un bien commun, dans le cadre d’une concurrence loyale.

    Dans la théorie ultra-libérale, non: chaque agent économique se goinfre, quitte à détruire un bien commun (exemple typique: les grands acteurs de le finance se goinfrent, quitte à foutre le bordel dans l’économie réelle et à faire payer la note par le contribuable).

    • Skandal dit :

      « vous vous lancez dans un raisonnement alambiqué qui repose sur un postulat qui vous est complètement personnel, »

      Je doute fortement être le seul à me comporter ainsi… Je pense même que la majorité des gens font cela.

      Et ce raisonnement n’a rien d’alambiqué il est au contraire extrêmement simple et son affirmation ou infirmation seront très faciles à démontrer.

      « selon lequel l’administration ne réglemente une activité que dans un but fiscal, ou de maintien de l’emploi. »

      Absolument pas… Non, je ne crois pas que le seul but de l’administration soit fiscale ou concerne l’emploi. La preuve, dans ce cas, ce n’est pas le cas.

      « Le but de cette réglementation est de parvenir à un équilibre. »

      Ok, très bien. Imaginons (comme je le fais) que les autres boulangeries n’y gagnent rien, vous faites quoi alors ? Vous allez dire quoi ?

      Si j’ai raison (et je le pense), on fait quoi ?

      Il n’y a pas de théorie « ultra-libéral » car « l’ultra-libéralisme » n’existe pas. Le comportement des banques n’a rien de libéral ni même d’ultra-libéral.

    • Skandal dit :

      Votre commentaire est très intéressant et participe au débat !! Tant mieux !!

      Je le souligne pour faire la comparaison avec le commentaire trollesque de Jacko…

  6. tschok dit :

    Les autres boulangeries ne cherchent pas forcément à y gagner quelque chose: elles veulent surtout éviter d’y perdre.

    D’après ce que j’ai compris, elles seraient à la base de cette affaire qui, soit dit en passant, offre une publicité à peu de frais à leur concurrent, puisqu’il a eu droit à une série d’articles dans le Figaro.

    Sur le fait qu’il n’existe pas de « théorie » ultra-libérale en tant que telle, vous avez raison (du moins je suis de cet avis) mais j’ai simplifié. D’ailleurs, il n’existe même pas une seule théorie libérale, mais plein. Autant qu’il y a de libéraux. C’est un peu comme avec la « théorie du genre »: le corpus n’est pas organisé en doctrine figée, avec un texte sacré, un prophète et des commandements divins.

    Le com de Jacko n’était pas si trollesque que ça… Il faut que vous soyez cohérent avec le modèle de consommateur standard que vous avez vous-même défini… et qui est un pur biais cognitif (ne partez jamais de l’idée que vous êtes représentatif d’un groupe, mais faites l’inverse: rattachez-vous à une catégorie dans un groupe représentatif. Par ex: je fais partie des 30% de personnes qui font ou pensent x ou y, mais je ne suis pas représentatif ni des 30% ni des 100%).

    • Skandal dit :

      C’est pour ça que je serai intéressé de savoir comment les autres achètent leur pain.

      Je suis parfaitement cohérent et j’apporte d’ailleurs une précision en post-scriptum. j’ai pris comme hypothèse que la plupart des gens font comme moi. Peut importe que ce soit vrai ou pas, ce n’est qu’une hypothèse.

      • tschok dit :

        Oula!

        Avec des si on met Paris en bouteille.

        L’intérêt de l’hypothèse est dans sa vérification (sa confirmation/infirmation) pas dans son utilisation pour élaborer un raisonnement hasardeux.

        Si en fin de raisonnement vous ne pouvez pas dire si l’hypothèse de départ est vraie ou fausse, cela signifie que vous n’êtes pas dans un raisonnement hypothétique au sens strict.

        En début de raisonnement, on est d’accord, l’hypothèse peut être vraie ou fausse.

        Mais à la fin, il faut être fixé. Ici, vous ne le pouvez pas.

        En fait, le raisonnement que vous utilisez est un raisonnement par affirmation, pas par hypothèse: à la fin, vous ne pouvez pas dire si l’hypothèse est vraie ou fausse, mais vous pouvez affirmer que vous avez raison, ce que, d’ailleurs, vous faites, parce qu’à aucun moment vous ne vous préoccupez de valider l’hypothèse de départ, dont la véracité vous est indifférente.

        Ce n’est jamais que l’emploi détourné d’une hypothèse pour affirmer quelque chose.

        C’était la méthode qu’avait choisie, entre autres, les négationnistes. Cette méthode, qui est une absence de méthode, vous permet de prouver tout ce que vous voulez. La présence des extraterrestres sur terre, par exemple.

        • Skandal dit :

          Me comparer aux négationnistes… c’est gonflé… et insultant…

          Je ne suis absolument pas d’accord avec vous mais bon… Encore une fois, tout ce qui m’importe c’est de savoir si interdire à cette boulangerie d’ouvrir 7/7 a le moindre intérêt pour qui que ce soit.

          Je ne le pense pas.

        • tschok dit :

          Ne faites pas votre victime.

          Je vous ai juste dis qu’une hypothèse c’est quelque chose qui se vérifie à la fin d’un raisonnement.

          Sinon, on est dans le mode de l’affirmation qui permet de prouver tout ce que l’on veut: mettre Paris en bouteille, nier un crime, ou prouver la présence d’extraterrestres sur terre.

          Navré que vous n’ayez retenu que le point goldwin, mais en même temps je plaide coupable: si je l’ai mis là, c’est pour qu’il tilte.

          PS: le jour où, quoi que j’aie pu dire, vous changerez d’avis, il me poussera une deuxième bite. Comme je tiens à conserver des relations normales avec au minimum ma femme, et éventuellement celle des autres, je vous supplie de ne rien changer.

        • Skandal dit :

          Je ne fais pas ma victime, vous me comparer avec des gens plus que limite… Excusez moi de le prendre mal…

          « Je vous ai juste dis qu’une hypothèse c’est quelque chose qui se vérifie à la fin d’un raisonnement. »

          Une hypothèse est une proposition ou une explication que l’on se contente d’énoncer sans prendre position sur son caractère véridique, c’est-à-dire sans l’affirmer ou la nier. Il s’agit donc d’une simple supposition, appartenant au domaine du possible ou du probable. Une fois énoncée, une hypothèse peut être étudiée, confrontée, utilisée, discutée ou traitée de toute autre façon jugée nécessaire, par exemple dans le cadre d’une démarche expérimentale.

          Une hypothèse destinée à être travaillée ou vérifiée est désignée par l’expression « hypothèse de travail » ; au contraire, une hypothèse utilisée sans intention de la vérifier (pour des raisons sentimentales, religieuses ou politiques par exemple) constitue un postulat. (wikipedia)

          Donc si cela vous convient, vous pouvez remplacer hypothèse par postulat…

          Je ne vois pas pourquoi je changerai d’avis puisque vous ne m’avez pas donner matière à me faire changer…

          Dites moi en quoi c’est « bien » d’imposer à cette boulangerie de fermer.
          Dites moi ce qu’il y a à y gagner et qui va y gagner.
          Dites moi ce qu’il y a à y perdre et qui va y perdre.
          Dites moi en quoi cela pourrait améliorer la situation des autres boulangeries.

          Je pense que cela ne va rien changer hormis pour les probables deux chômeurs. Dans ce cas la, je ne vois pas l’intérêt de faire ça.

    • Skandal dit :

      ce que je cherche à savoir c’est si cela a une utilité quelconque d’imposer à cette boulangerie de fermer.

      Il n’y a pas de politique économique de droite ou de gauche, il y a celles qui marchent et celles qui ne marchent pas.

      • tschok dit :

        Ben, vous vouliez démontrer quelque chose au départ, non?

        Deux choses, d’après ce que j’ai compris:

        – que la réglementation allait détruire de l’emploi

        – qu’elle allait générer une moins valu fiscale

        Sur ces deux points, on peut vous répondre que ne pas appliquer la réglementation aboutirait aussi à ce résultat.

        Ce qui amène vers le point de fuite du raisonnement: la réglementation recherche un équilibre.

        Vous avez donc trouvé « l’utilité quelconque d’imposer à cette boulangerie de fermer »: la recherche d’un équilibre.

        Si, maintenant, vous êtes un partisan de la disruption (comme Uber par rapport aux taxis) la recherche d’un équilibre vous est indifférente.

        Au contraire, et comme ce boulanger, vous allez rechercher à provoquer des crises.

        Genre Schumpeter: des moments de déséquilibre dans un milieu qui tend à se rééquilibrer, comme une perturbation météo.

        A ce moment-là, vous cherchez à provoquer un déséquilibre qui joue en votre faveur: qui tend à instaurer une situation équilibrée à votre profit. Stable dans la rente de situation qu’elle vous procure.

        C’est ce que recherche ce boulanger dont, curieusement, le Figaro, un peu bête, à fait les louanges.

        Le Figaro n’est pas schumpéterien: très classe moyenne dans son lectorat, sa ligne éditoriale privilégie habituellement les droits acquis provenant des rentes de situation bourgeoises, telle que la naissance, l’habitat l’appartenance à une classe sociale privilégiée, etc.

        Dans cette affaire, c’est ça qui est drôle: voir le Figaro jouer contre son camp.

        • Skandal dit :

          « Sur ces deux points, on peut vous répondre que ne pas appliquer la réglementation aboutirait aussi à ce résultat. »

          ha bon ? Comment ? pourquoi ?

          Je ne vois pas en quoi « l’équilibre » va changer si cette boulangerie ferme le dimanche.. Si elle marche c’est avant tout parce qu’elle fait du bon pain, pas parce qu’elle ouverte 7/7. Et si les autres font du pain moins bon, ils ne gagneront pas de clientèle.

          Encore une fois, on verra bien. Je pense que ça ne changera pas grand chose pour qui que ce soit sauf qu’il y aura deux chômeurs de plus…

          Dans ce cas, hormis l’application bien rigide de théories et de concepts économiques, je ne vois pas bien l’intérêt si ce n’est que oui, on pourra dire que tout monde est sur un pied d’égalité (encore que… on pourrait discuter la dessus).

          Et on oubliera les deux chômeurs qui ont perdu leur travail alors que personne n’aura rien gagné dans cette affaire.

          On verra, je ne suis pas devin mais je le sens comme ça… En général quand l’Etat se mêle d’un personne n’y gagne et il n’y a que des perdants.

          Concernant Uber et les taxis je ne comprends pas votre point sur ce marché, qui n’en est pas un puisque les taxis sont une profession protéger par l’Etat et qu’ils sont en situation de monopole.

          En plus, les chauffeurs de taxis sont des connards (jugement totalement subjectif, totalement personnel et parfaitement assumé !).

          Le Figaro est le journal du parti (l’UMP) un parti pseudo-libéral dans ses paroles mais parfaitement socialo-étatiste dans ses actes noraml donc qu’il défende les rentes, quel qu’elles soient.

        • tschok dit :

          Tenez vous au courant, bon sang!

          Le sujet dont on parle en éco en ce moment: la disruption.

          Je vous rappelle que vos abonnés veulent faire de vous leur futur ministre de l’économie (si, si: allez voir chez Noix Vomique).

          Donc, essayez de comprendre les enjeux: pourquoi un boulanger remet publiquement en cause une réglementation qu’il connait? Parce qu’il a été élu meilleure baguette de France de son quartier?

          Il veut en vendre plus et rendre les gens heureux?

          Vraiment?

          Coca Cola vend de la merde, Mc Do aussi, pourtant ils sont maitres de leurs marchés respectifs.

          Comment on obtient de la maîtrise d’après vous?

          Et en plus, si ça se trouve ce boulanger se fournit auprès d’une minoterie industrielle qui lui procure une farine isonormée. Le premier con venu la mettrait au four par mégarde après l’avoir mouillée, ça donnerait un pain qui satisfait à des critères de qualité suffisants.

          Vous êtes sûr que c’est un bon, le type dont on parle? ou c’est seulement un mec qui a le bon produit industriel et le bon marketing qui va avec?

          Je voudrais pas réduire en lambeaux votre naïveté dans ce qu’elle a de plus touchant, mais le pain est une industrie qui ne récompense plus l’effort du boulanger et le travail de ses mains dans le pétrin, salé à la sueur de son front, mais le chimiste et ses éprouvettes, et l’industriel et ses circuits.

          Plutôt que faire des hypothèses foireuses sur le client standard, allez donc vérifier que le type dont on parle travaille avec de la farine sauvage, pas un de ces multiples produits qui vous font de la baguette « tradition » pour bobo homo écolo de centre ville.

          C’est la seule hypothèse à vérifier.

        • Skandal dit :

          La disruption est d’abord un concept publicitaire inventé et formalisé par Jean-Marie Dru et Hervé Brunette au début des année 1990 (http://www.amazon.fr/Disruption-Briser-conventions-redessiner-march%C3%A9/dp/2842110234)

          Si on parle du concept économico-capitaliste formalisé en 1995 par l’Américain Clayton M. Christensen je ne suis pas un « partisan » de la disruption. Elle arrive parce qu’elle doit arriver. Les technologie évoluent, les besoins aussi quitte a être créés selon le fameux principe que « l’organe crée la fonction ».

          C’est une logique de l’évolution technologique. Certaines sont disruptives d’autre sont continues.

          Dans le cas d’Uber, je ne crois pas justement pas qu’il y ait disruption. Uber n’est rien de plus qu’un taxi moderne. Ce sont les taxis « classique » qui sont totalement en retard (je dirais même arriéré).

          « Et en plus, si ça se trouve »

          Ce n’est pas vous qui disiez « avec des si… »

          « Vous êtes sûr que c’est un bon, le type dont on parle? ou c’est seulement un mec qui a le bon produit industriel et le bon marketing qui va avec? »

          Mais je n’en sais rien si c’est un bon type ou pas. Je ne me place pas à ce niveau de jugement moral. Je m’en fous même complètement.

          Evidemment que s’il ouvre tous les jours c’est pour faire plus d’argent.

          Je veux juste savoir si lui interdire de travailler 7/7 est utile pour les autres et si ils y gagnent.

          « Je voudrais pas réduire en lambeaux votre naïveté dans ce qu’elle a de plus touchant, mais le pain est une industrie qui ne récompense plus l’effort du boulanger et le travail de ses mains dans le pétrin, salé à la sueur de son front, mais le chimiste et ses éprouvettes, et l’industriel et ses circuits. »

          Et alors ? Les autres boulangeries font certainement la même chose mais elles ne sont pas meilleurs baguette 2014…

          « allez donc vérifier que le type dont on parle travaille avec de la farine sauvage, pas un de ces multiples produits qui vous font de la baguette « tradition » pour bobo homo écolo de centre ville.
          C’est la seule hypothèse à vérifier. »

          Je ne vois pas le rapport avec le fait de l’obliger à fermer un jour par semaine…

          Et puis dans ce cas, allons aussi voir ce qu’utilisent les autres boulangeries.

  7. Skandal dit :

    @tschok

    En fait je comprends pas bien ce que vous me reprocher. J’ai posé un postulat (préférable à hypothèse, je vous l’accorde) et selon ce postulat, faire fermer cette boulangerie un jours par semaine n’apportera probablement rien à personne, hormis 2 chômeurs de plus.

    Dans ce cas la, si cela est vérifié, je m’interroge sur l’utilité de cette mesure.

    Je ne suis pas devin, je ne peux affirmer que cela va se passer comme je l’ai expliqué. Je le pense mais seul l’avenir nous dira si j’ai eu tort et si j’ai eu raison.

    Savoir s’il est gentil ou s’il utilise telle ou telle farine est certaine très intéressant mais ce n’est pas mon sujet.

  8. Skandal dit :

    Et tschok, je veux bien le lien de Noix Vomique ou je ne sais qui veut faire de moi un ministre s’il vous plait…

  9. Skandal dit :

    En tous cas, c’est sympa de discuter avec vous, au moins il y a de la confrontation d’idée !

  10. tschok dit :

    Monsieur le Ministre (in futurum),

    Je ne vous reproche rien. Rien de grave en tout cas.

    Il ne faut pas s’interdire de former des hypothèses, il faut simplement en user correctement. Vérifier que ce boulanger mérite son titre est un élément important dans le jugement qu’on peut porter sur le problème.

    Il réclame le droit de se soustraire à une réglementation qui s’applique à tous. Sa demande est admissible et sera admise en justice, si j’ai à peu près compris.

    Mais si c’est pour vendre de la merde comme les autres, c’est pas la peine. la qualité du produit est donc un premier point à vérifier et vous remarquerez que c’est lui qui la met en avant: sans me renseigner particulièrement sur son cas, j’ai appris qu’il avait été primé, donc il a un bon service marketing.

    Je ne me situais évidemment pas sur un terrain moral et espère que ce boulanger s’abstient de sodomiser ses employé(e)s sur la table de la cuisine, après la messe. J’espère également qu’il ne fraude pas le fisc et qu’il ne se livre pas à des activités moralement condamnables, telles que le jeu, la boisson, la prostitution, le trafic d’organe, l’esclavagisme des prostitués slaves ou africaines et autres occupations que, normalement, un gentleman réprouve.

    Donc, comme on dit, il a un bon lobbying au point que vous, qui ne le connaissez pourtant ni d’Eve ni d’Adam, avez pris fait et cause pour lui sur votre blog, relayant ainsi un effort de « com » dont le Figaro est le centre de gravité. Vous vous êtes fait proprement recruté, comme le premier jeune de banlieue venu, et vous voilà prêt pour le jihad libéral, au nom du pain et de la baguette.

    La deuxième chose à vérifier est de voir si, après tout, il est en droit de réclamer une exemption.

    La réglementation qui s’applique à lui étant peut-être prévue pour s’appliquer à l’intérieur d’un périmètre donné, il est possible qu’il soit en mesure de revendiquer une exemption.

    Vous remarquerez que je suis très terre à terre: ce niveau d’analyse est micro-économique et juridique. Et je pense qu’il faut avoir un niveau micro et ne pas oublier que nous parlons du pain, aliment symbolique, donc que la qualité du produit n’est pas neutre.

    A côté de cela, nous avons plutôt parlé « macro »: l’hypothèse, le postulat, la théorie libérale, l’impact de la réglementation sur la fiscalité et l’emploi et le concept de disruption, dont je concède sans fard qu’il est l’expression d’une mode.

    Ce sur quoi nous n’avons pas été sur la même longueur d’onde: il ne s’agit pas ici de faire de la prédictique, mais d’appliquer ou non une réglementation. il ne s’agit pas de calculer un manque à gagner pour celui qui réclame l’ouverture et ceux qui veulent la fermeture, quoique cette question ne soit pas entièrement indifférente à leur survie ou leur prospérité.

    Il s’agissait, dans le cadre de votre post, de savoir si la réglementation du commerce avait ou non une base rationnelle.

    C’est ainsi que je me suis posé l’enjeu de cette discussion.

    • Skandal dit :

      « Vérifier que ce boulanger mérite son titre est un élément important dans le jugement qu’on peut porter sur le problème. »

      Le problème c’est que ni vous ni moi ne sommes capable de vérifier. Il faut donc faire confiance à ceux qui ont choisi.

      « Sa demande est admissible et sera admise en justice, si j’ai à peu près compris. »

      Ha… Je ne savais pas… Maintenant si lui obtient le droit d’être ouvert 7/7, cela ne peut être refusé aux autres…

      « Mais si c’est pour vendre de la merde comme les autres, c’est pas la peine.  »

      Tout à fait d’accord !

      « avez pris fait et cause pour lui sur votre blog »

      Oualala… Alors pas du tout, vous vous trompez. D’abord si je lis le Figaro (sur internet) c’est uniquement parce que leur site est de loin le plus agréable.
      Ensuite je ne prends pas fait et cause pour lui, tour comme il n’y a rien de libéral dans mon « djihad ». Ma seule interrogation c’est l’utilité de l’interdiction. C’est valable pour lui comme pour n’importe qui.

      « La deuxième chose à vérifier est de voir si, après tout, il est en droit de réclamer une exemption. »

      Tout à fait d’accord !

      « Vous remarquerez que je suis très terre à terre »

      tant mieux !! Cela permet de se rapprocher de la réalité et de ne pas rester dans des concepts.

      « Il s’agissait, dans le cadre de votre post, de savoir si la réglementation du commerce avait ou non une base rationnelle. »

      Tout à fait.

      Finalement, nous sommes plutôt d’accord notre différent ne vient que du point de vu.

      🙂 Belle discussion !

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