Les économistes atterrants

Voilà de quoi faire cogiter Bercy. L’association Les économistes atterrés qui regroupe experts, universitaires et citoyens publient mercredi 21 janvier un Nouveau manifeste déclinant quinze chantiers pour une autre économie. Un ouvrage grand public qui dessine des pistes pour sortir de la crise, souvent éloignées des politiques actuellement menées en France et en Europe… 20 Minutes a sorti cinq propositions à méditer.

Accélérer la transition écologique. Les économistes atterrés prônent une fiscalité incitative pour encourager à réduire la consommation de matières premières, la pollution… Mais avec des conditions: les écotaxes qui pèsent sur les consommateurs doivent être compensées par des aides aux plus démunis et le taux doit être important (la taxe carbone devrait ainsi passer de 6 euros à 20). Une transition écologique qui exige d’énormes investissements publics pour mieux isoler les bâtiments, construire des transports en commun. Précisément, ils estiment à 3% du PIB des pays de l’UE soit 350 milliards d’euros chaque année.

Personne n’est capable de définir exactement ce qu’est la « transition écologique ». Si cette dernière consiste à construire des centrales au charbon pendant qu’on détruit les paysages de France à cout d’éolienne, je ne vois pas vraiment l’intérêt…

Revenir à la retraite à 60 ans. Les économistes atterrés assurent que les 35 heures ont permis de créer 300.000 à 500.000 emplois et que cette mesure aurait eu plus d’impact sans l’intensification du travail qui l’a accompagnée. «D’autres formes de RTT peuvent être envisagées», écrivent-ils, même si elles doivent être appliquées avec plus de souplesse. Pour eux, il est possible de garder un départ à la retraite dès 60 ans et des longues périodes de formation… A condition d’augmenter les cotisations sociales.

Ils assurent que… Mais ils sont incapable de le démontrer… Vous remarquerez aussi la précision de leur calcul… « entre 300.000 et 500.000″…. 66% d’écart !!! Aucun personne doté d’un QI supérieur à 70 ne peut prendre une telle fourchette au sérieux…

Pour eux, il est possible de garder un départ à la retraite dès 60 ans et des longues périodes de formation… A condition d’augmenter les cotisations sociales.

On en est déjà à une augmentation des taxes écologiques et une augmentation des cotisations sociales. A ce stade je peux affirmer que les économistes atterrés (et atterrants) sont pour la plupart fonctionnaires et/ou syndicalistes, en tous cas il sont degôches.

Accroître les impôts. «Demain il faudra plus et non moins de dépenses publiques». Parce qu’elles entraînent plus de justice, d’égalité et d’efficacité. Pour preuve: les Etats-Unis dépensent moins pour la santé, souvent prise en charge par le privé. Or l’espérance de vie y est inférieure de deux ans et demi à celle des Français alors que les dépenses de santé atteignent 17,9% du PIB contre 11,7% en France. Avec pour objectif d’augmenter le budget des universités, de verser une allocation d’insertion aux 18-25 ans, aider la réforme des rythmes scolaires, augmenter les prestations familiales. Avec un slogan à contre-courant: «cotisons dans la bonne humeur»…

Et voila… La dépense publique entraine plus de justice, d’égalité et d’efficacité…Les faits démontrent que cela est faux mais bon… La dépense publique française n’a jamais cessé d’augmenter et pourtant la justice, l’égalité et l’efficacité sont de moins en moins présentent.

Pour la justice et l’égalité, l’existence du statut de fonctionnaire et les privilèges qui vont avec sont la preuve que la dépense publique crée de l’injustice et de l’inégalité.

Pour l’efficacité, il suffit de prendre les rapports de la cours des comptes depuis 30 ans pour faire que c’est exactement l’inverse qui se passe.

Donc, augmentation des impôts, des taxes et des cotisations… Il ne va pas rester grand chose aux contribuables pour consommer…

Moderniser la statistique. Le PIB reste un indicateur fondamental… mais insuffisant. Il doit donc être complété par des statistiques régulières sur les inégalités de revenus, le bien-être social et les mesures écologiques. Des indicateurs qui aideront à réorienter les politiques publiques pour plus d’égalité et pas seulement plus de croissance. Et qui devront essaimer dans les entreprises pour que ces dernières présentent des indicateurs de qualité de l’emploi et d’impact écologique.

Blablablablabla….

Contrôler la Banque centrale européenne. Avec une préoccupation première: l’emploi et non la lutte contre l’inflation. Pour lutter contre l’influence massive de la finance, les parcours des gouverneurs, souvent des banquiers, devraient être plus variés: industrie, services, associations. Ils réitèrent leur soutien à une séparation stricte entre banques de dépôt et d’investissement. C’était une promesse de François Hollande… Que la loi bancaire n’a que partiellement tenue. Ainsi, la BCE devrait cesser de refinancer les secondes. Enfin, les auteurs reviennent sur un principe de base: l’indépendance de la BCE. Pour eux, un contrôle démocratique par le Parlement européen est indispensable.

On sait que la séparation BI/BD n’a aucun impact (voir les faillites de Lehman et Northern Rock).

Pour le reste, je ne suis pas en désaccord.

Bref, encore des propositions de pipoconomistes incultes. Des propositions que la réalité rend absurdes. En fait, que proposent-ils ces pipoconomistes atterrants ? Tout simplement plus d’État, plus de prélèvements, plus de dépenses publiques, soit que des choses qui existent déjà depuis 40 ans et dont les résultats sont plus que minables.

Je propose de faire un truc qui n’a jamais été fait en France, un truc inédit qui n’a jamais été essayé mais qu’il faudrait tenter, pour voir si c’est pas mieux: moins d’État, moins de prélèvement, moins de dépense publique….

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3 commentaires pour Les économistes atterrants

  1. Wanderer dit :

    The only function of economic forecasting is to make astrology look respectable.

    John Kenneth Galbraith

  2. simple-touriste dit :

    Une des erreurs conceptuelles que je trouve ici la plus consternante est le fait de lier espérance de vie et qualité du système de soins. Il n’y a vraiment aucun lien démontré et la surconsommation de médicaments (aussi encouragée par leur apparente gratuité) est certainement un des facteurs les plus graves de diminution de l’espérance de vie et surtout de vie en bonne santé (y compris la généralisation des vaccinations les plus absurdes, des dépistages du cancer, des statines…). L’idée que le secteur de la santé procure de la santé, que consommer plus de « santé » rend en meilleure santé…

    C’est une idée fixe chez les gens qui n’ont jamais réfléchi sérieusement à quoi que ce soit, qu’ils soient UMP ou France Soumise : généraliser tout traitement médical dont les promoteurs affirment (en toute neutralité) qu’il est très protecteur et sans effets secondaires, cela sans même suggérer la moindre évaluation empirique directe de ces qualités, c’est à dire une évaluation sur une durée réelle et pas sur une courte période d’où on extrapole les résultats.

    Si l’espérance de vie de beaucoup d’Américains s’est effondrée, c’est à causes des addictions à des produits anti douleurs SUR ORDONNANCE et souvent financés par l’assurance santé des pauvres.

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